Ma vie avec moi...

21 mai 2020

"Letter from an Unknown Woman" de Marcel Ophüls, 1948

Séance 9

Ca fait vraiment plaisir de découvrir ce film, qui me faisait de l'oeil depuis des années. Et c'est donc ce ciné-club qui me permet encore une fois de m'y plonger. Eh bien je ne regrette pas : j'adore ces vieux films romantiques, surtout lorsqu'ils sont comme ici d'une telle qualité formelle. 

Nous sommes donc dans l'adaptation d'une nouvelle de Stefan Zweig, que je n'ai jamais lue, mais je me disais pendant le visionnage que c'était vraiment un texte qui se prêtait idéalement à une adaptation cinéma, par sa structure narrative et son objet. Et, en premier lieu, la réalisation, qui offre vraiment un bel écrin à cette histoire. Au début, comme les précédentes fois avec les paysages italiens et les scènes de voiture, je pensais à « Quand passent les cigognes » avec le plan dans les escaliers et les plans sur les mains qui font très mal semblant de jouer du piano. Mais j'étais avant tout subjugué par la qualité de la photo, de la lumière, des cadres. Vraiment un régal de film à regarder, comme les grands films de cette période. Quelle élégance dans la réalisation, les mouvements de caméra, un classicisme d'une maîtrise totale. Mais, pour continuer sur la comparaison avec le film russe, l'histoire est réduite à peu de choses, et c'est là que je pointerais le principal reproche. 
J'aime beaucoup ce genre de drame romantique très XIXe siècle, dans les ruelles nocturnes de Vienne, cette passion d'une adolescente pour son voisin bourgeois dandy et pianiste virtuose. Joan Fontaine est magnifique dans ce rôle de jeune femme qui admire son voisin, de son appartement, qui se construit grâce à ce repère de père/amant rêvé, imaginant un avenir avec lui. Toujours ce fameux jeu de sourcils, je ne lui aurais pas donné l'Oscar pour le Hitchcock, même si elle y est très bien, mais là oui.
Mais autant j'aime beaucoup certains thèmes développés (assez proche d'un de mes romans préférés « Gertrud » de Hesse), et leur aboutissement attendu (j'aime bien le fait qu'il réalise qu'il est passé à côté de l'amour et finisse par se rendre à son duel, au lieu de fuir et se leurrer, comme il a fait toute sa vie), autant j'ai trouvé ça un peu léger. Je pense qu'il aurait fallu corser certains aspects du récit, mais évidemment ça aurait transformé le texte. Je ne comprends pas pourquoi le film est si court et fait autant d'ellipses qui auraient pu mériter plus de scènes. Je ne comprends pas pourquoi elle ne l'attend pas quand il part deux semaines à la Scala de Milan, pourquoi il ne la recherche pas (ou on ne le voit pas), pourquoi il ne la reconnaît pas à l'Opéra, pourquoi elle s'imagine qu'il l'a reconnue, elle qui le connaît si bien, pourquoi il ne fait pas le lien lorsqu'il lit la lettre (et nous du coup on est un peu manipulés au début). Bref, pourquoi elle leur interdit de vivre leur amour, pour leur bonheur. Je ne suis pas idiot, je sais qu'elle se protège de ce qu'elle sait être un amour impossible avec cet homme volage, mais il semble vraiment épris d'elle. Elle préfère disparaître avant qu'il ne la dédaigne comme toutes les autres. Il y a aussi le sentiment final qu'il peut très bien arranger les choses mais qu'il n'y pense même pas. Bon, c'est l'intérêt de la chose, mais sans aller vers le happy end et l'histoire sans ombrages je pense qu'il était possible de dire plus. J'ai un peu de mal avec ces impossibilités forcées. 
Donc sur le plan du script je trouve quelques défauts. Mais un beau film néanmoins

12/20

 

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18 mai 2020

"Vaghe Stelle dell Orsa... Sandra" de Luchino Visconti, 1965

Séance 5

Déjà, très beau titre original, poétique et énigmatique, qui dit beaucoup de choses. Il y a Vénus, déesse de la beauté et de l'amour, qui brille plus que les autres et indique le nord, les autres font partie du même tout mais sont insignifiantes et suivent à la traine, pour toute éternité, mais sans exister pour ainsi dire, en tout cas uniquement parce qu'il y a l'étoile polaire qui les affole comme une boussole aimantée et les emmène avec elle dans sa destinée comme la queue d'une comète, la chevelure d'une femme.

Un beau titre en français n'aurait pas été de trop, "Les Etoiles pâles" ou "Les Etoiles vagues" aurait suffit, ou un "Poussières d'étoiles", "Cendres d'étoiles", bref, pas top le prénom féminin seul, même si tout tourne autour d'elle comme un soleil noir de la mélancolie.

Bon, ensuite c'est du Visconti, donc j'ai un a priori plutôt négatif, jamais été emballé par ses films, et celui-ci ne dérogera pas à la règle. Les postures souffreteuses, le tragique exacerbé, le désespoir comme unique lumière, c'était plutôt mon truc quand j'étais adolescent et que je découvrais le cinéma d'auteur (ou l'art en général), mais ça ne l'est plus du tout. Donc je n'ai pas trop aimé ce film, un inconfort permanent, difficile de prendre du plaisir devant le spectacle de cette déchéance annoncée.

Nous suivons donc un couple fraîchement marié qui vient passer quelques jours dans la maison de famille de la jeune femme, dans un village de Toscane isolé et abandonné, comme l'abbaye voisine, menacé par un volcan ( Sandra, comment on dit « cendres » en italien, y aurait-il un lien ? Je ne pense pas que ce soit gratuit et le fruit du hasard ) « Volterra est l'unique village condamné à mourir inexorablement de maladie ». Après le générique, on se croit d'ailleurs encore un peu dans « Il Sorpasso  » avec les plans depuis le bolide sur les passagers et les paysages ensoleillés, il y est même question d'une « nécropole étrusque », qui ici aura beaucoup plus de sens et d'importance, même si on ne verra que des tombes entreposées dans un musée. Puis on arrive dans la maison, accueillis par la vieille servante, et l'héroïne parcourt la vieille demeure déserte. Mais la comparaison s'arrête là, nous plongeons ensuite dans les tourments et la noirceur de cette femme et sa famille.

Dès la première scène on se doute qu'elle est malheureuse et tourmentée, un air de piano de César Franck la plongeant dans le plus profond désarroi, sourcils froncés, dans un des sempiternels zooms sur la jeune femme au visage fermé (telle une statue) dont va nous affubler Visconti, qui n'a que ce mouvement de caméra à son vocabulaire stylistique, et il n'y a rien qui m'insupporte davantage. Ah des zooms avant et des zooms arrière bien pourris, on va en manger, pour bien nous montrer la tristesse de la jeune demoiselle ou la surprise de tel autre individu. Mais jamais ça ne servira le film. Bon, voilà, c'est dit et redit.

Donc nous voici dans une vieille bâtisse à l'abandon, comme la ville, sombre, déserte, comme la jeune femme également « C'est une belle maison, tu lui ressembles – Je ne suis pas sûre que ce soit un compliment », remplie de souvenirs, de pièces renfermant le passé et ses secrets, qui sourdent en silence mais que tous veulent encore retenir avant l'implosion, laissant le mari étranger (américain, mais étranger à toute cette famille et à l'ambiance environnante, inconscient, insouciant, s'amusant de ce séjour, filmant sa femme, détaché de la souffrance qu'elle tâche de cacher mais qui explose intérieurement, le volcan est également en elle, ou peut-être menace t-il tous les membres de la famille, comme la mère devenue folle et le frère rongé par une passion qui le torture jusqu'au paroxysme) « Ce sont les pièces de ma mère, je te les ferai visiter demain ».

Au niveau du récit, on se doute très vite du lien qui unit Sandra (Claudia Cardinale, toute en beauté dénudée, un peu inutilement selon moi, les seins en avant, je ne pense pas qu'il fallait la montrer de la sorte mais soit, c'est Vénus, elle est belle et c'est à peu près tout, une femme belle et indécise, alors autant montrer ses formes) à son frère Gianni (Jean Sorel, une sorte d'Alain Delon de remplacement, celui-ci ayant peut-être refusé de remettre le couvert avec un réalisateur peut-être trop entreprenant, en tout cas on voit bien l'attirance du réalisateur pour son personnage masculin, sans doute davantage que son héroïne). Dès la scène où ils se retrouvent dans le jardin balayé par le vent du soir, devant la statue de leur père recouverte d'un linge blanc qui se détache de la nuit telle un fantôme, on sent toute la tendresse et l'amour incestueux qui les ronge (tout le long du film elle ne cesse de caresser tel ou tel objet dès qu'elle parle de lui, ou avec lui, son visage dans cette première scène, le fer forgé du lit, le mur de brique de la citerne). On comprend qu'il a menti pour ne pas assister à leur mariage, il y a bien une raison à ce subterfuge, et la subtilité n'étant pas de mise on se retrouve assaillis de signes.

De son côté, tous ses propos même les plus métaphoriques sont on ne peut plus implicites, comme autant de messages à la mer avant de sombrer, des appels au secours « Les mêmes passions débridées qui semblent impossibles vues de loin mais qui te sautent au visage même après une absence d'un siècle », « Tu veux que je te parle de son premier amour (donc de lui) ou de ses premiers amours ? », « C'est l'heureux mortel qui a épousé ma soeur », « « J'en ai assez de chauffer la chaise du marié ». Lorsque le mari lui demande s'il est déjà tombé amoureux, il répond « comme tout le monde » en jetant un brin d'herbe d'un geste désabusé en se levant comme pour changer de sujet (tiens, l'image d'après le mari se tient debout à un tout autre endroit, bon...)

Il y a cette ambiguïté de Sandra aussi. Que veut-elle vraiment, que cherche t-elle ? On ne sait jamais, elle est changeante. Oublier ce passé, le faire perdurer (elle dit au début vouloir revenir vivre ici), chasser son frère et son amour inconditionnel ou l'aimer encore ? (elle le regarde alors qu'elle embrasse son époux et cède à leurs anciens jeux amoureux en se rendant à son rendez-vous, on sent qu'elle le rejette autant qu'elle le désire). Ressent-elle des sentiments pour son mari ? On s'autorise à en douter, rien ne le laisse entrevoir, je pense que c'est un mariage qui la sécurise avant tout. Tout cela ne m'a pas paru très clair, je pense que c'est l'effet escompté, elle est perdue et ne sait pas très bien où elle en est, elle veut juste être heureuse malgré tout, et elle semble regretter d'avoir rompu avec son mari lorsqu'elle lit sa lettre. Toujours est-il que j'étais assez perplexe quant à ses décisions et la façon dont elle laisse faire les choses, comme j'ai l'impression qu'elle laisse son frère crever sans s'en soucier, elle ne pense même pas qu'il puisse en arriver là alors qu'elle vient de lui balancer « pour moi tu es déjà mort », je trouve ça étrange qu'elle soit aussi inconsciente après cela. Une belle femme qui cause la chute de tous ceux qui l'approche, c'est assez commun finalement, et si elles savaient comment mieux gérer cela on n'en serait pas là...

Il y a la relation incestueuse, mais on se doute aussi qu'un drame va advenir, j'ai cru qu'il se passerait au niveau de la falaise lorsqu'ils le montrent au début « attention, on peut facilement glisser », mais non, ce sera plus « intérieur ». On se demande juste qui ce dénouement tragique va concerner, et de quelle manière (au niveau de la réalisation, j'aurais fait un enchaînement plus marqué entre le linge qui recouvre le visage du frère et le drap qu'elle enlève pour découvrir la statue de son père - et aussi plus appuyé sur le livre qu'il brûle et les cendres qui en résultent)

J'ai bien aimé la scène des retrouvailles d'amants enfants dans la citerne (scène qui me fait penser à « Stalker »), avec ce plan final dans le reflet lorsqu'elle remonte l'escalier (une Vénus anadyomène peinte par les italiens, qui ressort de l'eau en quelque sorte) et qui zoome jusqu'à l'alliance qu'il a subtilisée à sa soeur (mais Visconti n'en fait plus rien après), où elle est coiffée à la façon des jeunes femmes romaines. On y voit que Gianni est resté un enfant, qu'il ne veut pas quitter ce monde merveilleux de son enfance avec sa soeur, de leur amour, de leur insouciance, il a écrit le roman de leur adolescence. Il n'existe que par la glorification de son passé avec elle. Il doit entretenir quelque chose de cela, le coeur de sa vie, par écrit, alors qu'elle n'a pas ce besoin, elle existe, belle et adorée, et cela lui suffit. Gianni exprime cette difficulté à vivre sa vie d'adulte, et montre d'ailleurs toute sa faiblesse d'enfant, sa lâcheté et sa peur qui resurgissent lorsque le mari l'apprend et le frappe dans une scène de bagarre ridicule.

Bon, ensuite, toute l'histoire du père juif (l'étoile de David au cou de Sandra), des recherches sur son passé, de sa dénonciation, de la commémoration, c'est traité un peu par-dessus la jambe et ça ne passionne jamais, pas plus que le devenir de la mère qui répète sans cesse son prélude de piano.

Voilà je crois que je n'ai plus rien à dire, ce n'était guère emballant même si ce style de cinéma aurait plutôt mes faveurs, mais pas avec ce film, inutilement pesant et glauque ( je pense et espère aimer bien davantage ses "Nuits Blanches" que je me réserve depuis des années et que je vais tâcher de voir sous peu, peut-être avec vous). Au niveau de la symbolique c'est intéressant, artistiquement et poétiquement, mais la réalisation est loupée, et surtout l'histoire est creuse et des plus anecdotique, c'est dommage.

9/20

(fautes du sous-titreur : "on s'est bien amusés", "tu t'es faite attendre", "tu m'as éviter", "voyages musicals", "un camps de concentration")

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15 mai 2020

"Il Sorpasso" de Dino Risi, 1962

Séance 3

Un film que j'ai pris beaucoup de plaisir à revoir, d'autant que j'en avais un souvenir très flou, et je n'ai pas vu du tout le même film. Hormis le début et le final, j'avais totalement zappé l'ensemble, il me semblait qu'il y avait plus d'histoire entre le jeune étudiant et la petite serveuse que le fanfaron tente de séduire. Bon bref.
J'ai jonglé entre le VO et la VF parce que je voulais écouter Gassman et les italiens, mais il me semble que c'est post-produit là aussi, et Trintignant, qui lui joue en français. Bizarre d'ailleurs d'engager un acteur français qui ne parle pas italien, mais soit. Déjà, j'aime beaucoup les road-movie, ça permet de voyager, de multiplier les décors, les séquences, les ambiances, les rencontres, comme dans la vie quoi. Et là, niveau vie, ou vitalité, on est servi.
C'est la rencontre et la virée inattendue entre un personnage totalement euphorique et extravagant et un jeune homme sérieux et coincé, et on les suit donc pendant quelques jours dans leur périple improvisé. La vraie vie. Au début le jeune homme est réticent, il est en train de réviser, et l'homme à la voiture le force à le suivre et l'entraine dans son sillage, plein de fougue, d'emportement, de débordements, de délires, de détours. Le fanfaron est un bon vivant qui vit sans entraves, un jouisseur, dragueur, fumeur, fumiste, qui repousse les limites, voire celles des autres, qui ne vit que dans l'instant, à cent à l'heure, dans la vitesse, l'excitation, l'oubli de soi et de ses problèmes (« le truc à la mode là, l'aliénation, comme dans les films d'Antonioni »), un pur italien, macho, sexiste, raciste, virile, le verbe haut, limite bi-polaire, mais attachant.
Le jeune homme va apprendre à vivre un peu plus dans son ombre, toujours coincé (avec la métaphore lorsqu'il est coincé dans les toilettes et n'ose pas appeler de l'aide), timide, à cogiter (les voix off qui montrent ses pensées, ses doutes, et surtout à quel point il n'ose pas s'affirmer, il dit le contraire de ce qu'il pense), malade avec la fumée du cigare, etc.
Après quelques jours au contact du fanfaron il comprend enfin qu'il s'empêche de vivre et qu'il faut profiter, se lancer (« laisse-toi faire »), oser les choses avant qu'elles ne nous échappent, et il va jusqu'à téléphoner à la femme qui habite en face de chez lui et qui lui plaît et c'est en allant la rejoindre qu'intervient la scène finale. Etrange, encore une fois mon souvenir était faussé, je croyais que c'était le fanfaron qui mourait. J'avais zappé aussi tout l'épisode avec sa femme et sa fille, pourtant central et le plus intéressant, et donc j'ai bien mieux apprécié que mon souvenir ne me le laissait présager. Ca fait donc beaucoup de bien de revoir certains films.
La réalisation est quelconque (bords de panneaux anti-soleil sur la caméra en haut à gauche de l'objectif lors des premiers plans dans la ville déserte), mais Gassman est excellent, la petite Catherine Spaak toujours aussi mignonne, les autres femmes italiennes ne sont pas en reste, l'ensemble respire une certaine vérité, même si certaines scènes sont un peu bâclées (celle avec la femme rencontrée sur le quai de la gare était prometteuse mais gâchée, pareil à la fin il semblait y avoir quelque chose à faire entre Spaak et Trintignant, en vivant un petit début de quelque chose avec elle il aurait pris confiance en lui et j'aurais encore plus compris sa décision d'appeler sa Valeria), les villes et villages traversés donnent envie, j'adore l'Italie et j'aimerais bien y faire un trip de ce genre, mais plus calme et plus en amoureux je pense. Toujours est-il que c'est un bon film qui reflète bien un certain cinéma italien et la société qui se décoince à l'aube des années 60.

12/20

 

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12 mai 2020

Umpfel "As the Waters cover the Sea" solo cover

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"Le Septième Sceau" de Ingmar Bergman, 1957

Séance 27

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Bergman, un cinéaste dont je ne sais pas grand chose (j'ai seulement vu ce film lorsque j'étais adolescent et que j'étais très friand de cinéma d'auteur, et croisé quelques références dans les premiers Woody Allen, ou chez mon cinéaste de chevet Andrei Tarkovski. J'avais aussi acheté quelques DVD il y a une quinzaine d'années, mais jamais regardés), mais je sais qu'il est indispensable que j'en vois et en sache davantage, qu'il est essentiel au cinéma de la deuxième moitié du siècle dernier. C'est pourquoi lorsque j'ai appris la nouvelle de la mort de Max von Sydow j'ai proposé cette séance spéciale, c'était une bonne occasion je pense.

 

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Bref, donc j'ai revu ce film, et cette fois-ci avec plaisir. Parce que le film est beau.

Evidemment ce qu'il donne à voir n'est pas glorieux : le spectacle des hommes face à l'épidémie de peste noire, la religion, la mort, les femmes, leurs semblables, et donc leurs propres peurs, n'offre que peu de répit et de foi en cette race si singulière, mais on a l'habitude, et heureusement nous sommes presque sortis d'un moyen-âge de fables et de croyances idiotes.

 

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Mais surtout par la qualité de sa construction, de ses dialogues, de sa quête spirituelle, ou athée (je me suis totalement reconnu dans le personnage de l’écuyer, que je prends pour le plus sage de tous, revenu athée des Croisades), et sa belle esthétique en N&B symboliste (la première séquence, sur la plage, magnifique, est juste gâchée par un montage en superpositions qui ne sont pas du meilleur effet)

 

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Le spectacle ai-je dit, oui on assiste au triste spectacle des hommes, ou la farce, le théâtre, puisque tout n'est que jeu et duperies : la partie d'échecs d'Antonius Block avec la Mort, ce spectre de la Mort qui se joue du Chevalier en se déguisant sous l'apparence du prêtre qui le confesse, d'une certaine façon aussi le jeu de l'art – la scène dans l'église - qui travestit la réalité pour mieux la montrer, la comédie de vengeance lorsque le forgeron retrouve sa femme Lisa/Cunégonde (son amant d'une nuit l'a même rebaptisée à son goût, elle n'est qu'un corps de passage) et l'acteur qui s'étaient enfuis dans la forêt et que ce dernier singe son propre suicide. « L'amour est la plus noire de toutes les pestes » dit Jöns.

 

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La peur rend les hommes fous, la croyance en dieu et la superstition les rend avides et violents, les femmes sont violées, brûlées sous prétexte de sorcellerie ou de commerce de sexe avec le diable, ou encore réduites à l'esclavage. Antonius, qui revient des Croisades, cherche un sens à toute cette violence au nom de Dieu, à ces massacres au nom du divin face à un autre divin, il se sait condamné depuis la première scène sur la plage, et tout le long du film il questionne, il veut savoir ce qu'il y a après la mort, il reflète le questionnement métaphysique au cœur du film. Mais la réponse est derrière lui, à son service, dans la bouche de son serviteur : « que voit-elle ? Dieu ? Le diable ? Le néant. »

 

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Le message de Bergman semble être que seul l'amour permet de lutter contre le néant, tout au moins de l'amoindrir en l'oubliant grâce à l'amour véritable. Le moment de partage des fraises sauvages (clin d'oeil, plus qu'à voir le film) et de la rencontre avec le jeune couple heureux et amoureux semble convaincre Antonius et achever sa quête, la réponse serait la foi en l'humain, qui contient aussi le bien. Car seul sera sauvé le couple d'innocents, l'acteur enfantin et naïf qui a des visions mystiques, et sa jeune femme toute en blancheur, la pureté même, l'innocence faite femme, et leur petit garçon nu comme les blés. Sauvés par qui ? Par Dieu ou par Bergman ? Ici ce sera la même chose. L'artiste est son propre Créateur.

 

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Un beau film donc, un chef d'oeuvre de cinéma symboliste et métaphysique, magnifié par une très belle photo. Mais il y a aussi quelques scènes un peu bancales qui tombent un peu trop dans la pantalonnade, sans doute pour ne pas plomber tout le film et amener un peu de drôlerie, j'ai trouvé ça dommage, bêta. Un bel objet cinématographique, donc noté au-dessus de la moyenne.

13/20

 

10

 

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09 mai 2020

"Lucky Star" de Frank Borzage, 1928

Séance 18

lucky star afiche french

Sans doute le plus beau film découvert grâce à ce ciné-club. Pas pour le récit, des plus communs, mais pour les émotions, la poésie, la bonté des amoureux. Quand on reçoit un cadeau, on le prend comme tel.

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Dans la première scène, ce qui me frappe de prime abord, c'est la qualité de la photographie et de la restauration, le soin des cadrages, des lumières. Dans les scènes à la ferme, on se croirait dans des tableaux de Fragonard ou de Boucher.

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Je ne suis pas adepte de cinéma muet, j'y suis donc allé tardivement, à reculons, avec un léger a priori, parce qu'il est vrai aussi que même si je ne courre pas après, je n'ai jamais eu non plus de grands dégoûts pour autant, mais je trouve ça moins facile d'accès. Mais ici, comme dans les films italiens, ils pourraient postsynchroniser qu'on n'y verrait que du feu.

Le scénario se déroule donc assez simplement, sur une histoire simple dont on connaît tous les aboutissements dès les premières phrases « prononcées ».

- Je vous dépose quelque part ? - J'ai des jambes non ?

Oui, mais plus tard, sur le front en France, il en perd l'usage lorsqu'une bombe l'envoie sous son chariot.

- Qu'avez-vous aux jambes ? - Je les économise pour une grande occasion, comme un mariage ou des funérailles...

Ben tiens, le jour où il marcher à nouveau, ce sera pour la conquérir et la sauver d'un mariage arrangé.

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- Vous devez pouvoir tirer quelque chose de presque n'importe quoi pas vrai ?

Oui, il va faire de la petite gamine une petite femme. Tant il est vrai que la petite a la grâce, la douceur et le charme naturels de la femme de ma vie, Myrna Loy. Les mêmes petits nez troussé et menton mutin. Elle joue magnifiquement bien. Elle en fait un peu trop par contre avec ses tremblements de sourcils (elle a dû inspirer Joan Fontaine). Les deux acteurs masculins ont un jeu très naturel et assez moderne, j'ai été surpris, jusqu'ici dans les films muets je voyais surtout des jeux grossis et exagérés qui m'exaspéraient.

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Bon par contre c'est Kill Bill, le gars cloué sur sa chaise roulante depuis plus d'un an passe au cabri virevoltant sous la neige en une matinée, c'est évidemment pour montrer que l'amour peut déplacer des montagnes, certes, mais il y avait sans doute plus subtil.

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Mais il est certain qu'on veut les voir comme dans un film de Chaplin, à vivre en toute innocence enfantine d'amour et d'eau fraîche au bord de leur petit ruisseau dans leur cabane en bois avec de petites inventions de rien et des sourires de tout, avec des milliers d'enfants joyeux et d'animaux aboyants. Dans le silence éternel de ce petit bijou de bientôt un siècle.

 

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Je note donc par le truchement de mon cœur d'enfant (jamais vraiment très loin)

14/20

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06 mai 2020

"Ma Nuit chez Maud" de Eric Rohmer, 1969

Séance 29

Ma_nuit_chez_Maud

Un très beau film. Parmi mes préférés de Rohmer. J'ai vraiment apprécié cette deuxième vision, trente ans plus tard, avec mes yeux d'adulte. J'avais le souvenir d'un film beaucoup plus verbeux et intellectuel, autour de Pascal, mais je pense que j'avais un peu mélangé avec « Conte d'hiver », qui est un peu construit sur le même modèle, et me semble très proche, sur fond de discussions métaphysico-philosophico-sentimentales.

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Nous avons donc une première demi-heure axée sur une réflexion sur le pari de Pascal, sur un questionnement spirituel et religieux, qui associe les mathématiques, les probabilités, et la métaphysique pascalienne, qui était mathématicien et philosophe. On suit le personnage de Jean-Louis Trintignant dans son quotidien de catholique pratiquant, à la messe où il aperçoit une jeune femme qui lui plaît (ils se regardent au moment du « ne nous soumet pas à la tentation », mais il est subitement très tenté, au point de la suivre), dans la librairie où il compulse les « Pensées » de l'auteur préféré de Steevy Boulay « naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira », duquel il ne peux se sentir proche, « si le christianisme c'est cela, alors je suis athée », totalement engoncé dans sa foi « la religion ajoute à l'amour, mais l'amour ajoute aussi à la religion » dit-il lors du repas chez Maud. Oui, bah tu ne seras jamais athée, ne cherche pas plus loin. Car le personnage se cherche autant spirituellement qu'il cherche l'amour. Et je pense qu'il se trompe sur les deux aspects. C'est ma vision du film.

 

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Puis on en vient à une partie plus légère, plus sensuelle, lorsque Trintignant se retrouve tout seul avec Maud lors de cette nuit, et qu'elle veut le séduire. Nous avons là le meilleur de Rohmer, le marivaudage courtois, même si depuis le début de cette soirée nous avons eu constamment des sous-entendus plus ou moins explicites sur les relations sexuelles, par l'intermédiaire de l'ami amoureux transi et répudié gentiment et négligemment par la dame à chaque infime reprise.

J'aime bien la notion de hasard qui plane sur les rencontres de Trintignant, cette femme qui lui plaît et dont il ne sait rien, pas même s'il la reverra, et cette autre, rencontrée par l'intermédiaire d'un ami revu par hasard « nos trajectoires ordinaires ne se rencontrant pas, c'est dans l'extraordinaire que se croisent nos points d'intersection ». Les probabilités mathématiques appliquées aux rencontres sentimentales, celle qu'il souhaite concrétiser, et celle qui justement est encore plus hasardeuse, mais qui perturbe son choix et sa morale. Mais sur ce point le film est une assez bonne démonstration de ma théorie sur l'amour : on aime par hasard, et par défaut. Une rencontre en remplace une autre. Rien n'est plus indéterminé et aléatoire que le sentiment amoureux. L'amour même est un jeu de dés. 

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J'ai du mal avec le personnage joué par Trintignant, mais j'essaie depuis quelques temps de combattre mon besoin d'identification (aux personnages ou aux sujets) pour me fondre dans l'oeuvre uniquement, en simple spectateur observateur. J'ai donc paisiblement vécu cette chronique de quelques jours dans la vie de cet homme, mais je ne peux y voir d'autres choses que des mauvais choix, de mauvaises décisions, pour utiliser la terminologie du film.

Parce que bien sûr jamais je ne choisis la jeune catholique prude et transparente au détriment de la belle femme affirmée et sensuelle. Françoise Fabian est vraiment sublime dans ce film. Peut-être la plus belle comédienne de tous les films de Rohmer. Son jeu est d'une justesse et d'un naturel incroyables. Je vais tâcher de voir ses autres films de cette époque, je suis sous le charme. Oui bon, j'essaie de ne pas m'identifier, mais je ne peux m'empêcher de succomber aux attraits féminins, faut pas exagérer. 

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Pour moi Rohmer n'est pas un vrai cinéaste, un vrai réalisateur de cinéma. C'est selon moi bien plus un écrivain qui écrit et sort des films – et certains comme celui-ci sont d'ailleurs très beaux – mais qui n'a aucun goût pour la réalisation. C'est pour cela que j'aime beaucoup ses scènes de dialogues, quasiment sans ellipses, on a l'impression de vivre un vrai moment avec les êtres filmés, et l'émotion en est plus forte (en tout cas ça fonctionne ici lors de la nuit chez Maud). Bien souvent, ses acteurs, qui récitent et sonnent faux renforcent cet aspect littéraire et non cinématographique. Mais il n'a aucun sens de l'image, aucun intérêt pour le cadre, pour la beauté cinématographique de son objet filmé. Ce qui lui importe, c'est le fond, non la forme. Ce qui nous donnera aussi beaucoup de films réalisés à la va-vite, comme à l'improviste, mal filmés, mal montés, proches de l'amateurisme – mais qui n'empêche pas la qualité intrinsèque. En fait, son style a toujours été vieux, paresseux, sans invention, dépouillé, le plus neutre possible.

Heureusement sur ce film il bénéficie du beau travail de Nestor Almendros, qui fait tout le boulot - et du joli cadre de Clermont et ses alentours enneigés, et du N&B. Nous avons même droit aux plans les plus audacieux de la carrière de Rohmer lors de la poursuite en voiture dans les rue de Clermont (avec une belle mise en scène avec la voiture qui se gare, c'est du jamais vu chez cet adepte du réel), ou lorsqu'il la retrouve le soir sous la neige, filmés depuis la voiture. Mais il subsiste encore quelques tares du bonhomme, comme le format en 1.33 (format carré hérité du muet, et de la télévision), ou la scène au-dessus de la ville, avec ses zooms approximatifs et son étrange fondu au noir final.

Ma-Maud-1969

Bref, je crois qu'on pourrait discuter très longtemps du contenu de ce film, sans doute celui qui dit le plus de choses depuis le début de ce ciné-club il y a un an. 

14/20

(Ma Palme d'Or du festival 1969)

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03 mai 2020

"Nostalghia" de Andreï Tarkovski, 1983

L'an dernier, sur le forum BDGest, j'ai lancé un petit ciné-club, et je vais poster quelques avis de films qui m'ont plu.

On va commencer par le dernier en date, un de mes films préférés.

Séance 33

Nostalghia

Je me souviendrai toujours du choc que fût pour moi la découverte de ce cinéaste, adolescent, lors d'une rétrospective dans le cinéma d'art et essai de ma ville, séances où je me retrouvais seul jour après jour dans la salle face à ces films immenses. Je découvrais enfin le cinéaste qui filmait comme je voulais filmer, qui faisait du cinéma comme je rêvais d'en faire, et qui fort heureusement en avait fait comme je voulais en voir. Car dès le premier plan je sais que je regarde un grand film, un grand cinéaste, et que ses films vont m'accompagner toute ma vie.

Nosta 1


Quand Tarko filme, il filme vraiment. Des lieux, des êtres, des atmosphères, la pluie, la brume, le temps qui passe, qui s'étire, qui s'allonge, indéfiniment, pour mieux épouser le rythme de la vie. Des longs et lents plans-séquences, d'infimes mouvements de caméra, un cinéma très vertical, très terre à terre (et pourtant tellement mystique et tourné vers le divin), très panoramique, en travellings latéraux. La nostalgie, c'est forcément la tristesse, la lenteur. Le cinéma de Tarko essaie de figer le temps, pour mieux imprégner la rétine - on ne peut pas voir ses films et les oublier – et peut-être parvenir ainsi à revenir en arrière, au plus profond de nous-mêmes.

Tarko aime la peinture et la poésie (allusion à son père), c'est ce qui en fait un peintre et un poète du cinéma. Chaque plan est un tableau en mouvement. Son art est un art du ressenti, de sensations, d'impressions, c'est la terre, l'eau, le feu, la puanteur, la saleté, les détritus, le sordide, le sublime, la vie. Il y a aussi la musique des sons, qui viennent de l'enfance, les chants/pleurs/plaintes de femmes, les aboiements de chiens au loin, les bruits d'une scierie à côté, de la pluie, de l'eau qui goutte, d'un avion lorsqu'on arrive dans la modernité romaine. La magie est imperceptible, inexplicable, invisible, mais Tarko parvient à la filmer, et chacun de ses films éclaire les autres d'un nouveau jour en leur empruntant des plans (miroirs, fenêtres et rideaux, nuque féminine, madones, herbes dans l'eau, pluie intérieure, chambre sordide), tous ces symboles obsessionnels qui trouvent écho en nous.

Nosta 8


Alors oui, la trame passe au second plan, l'intérêt n'est pas dans l'histoire (il faut connaître un peu la vie de Tarko pour saisir le coeur du film je pense) ou les dialogues. Ce qui importe c'est vraiment la communication de sensations. Et si on ne rentre jamais vraiment dans cette pseudo romance entre l'écrivain et sa jeune accompagnatrice, c'est parce qu'elle traduit avant tout une incommunicabilité entre les êtres. Car tous semblent ne se parler qu'à eux-mêmes, être dans des monologues, repliés sur eux-mêmes, ne pas arriver à entendre ou se faire entendre des autres, le monde est devenu fou et ce sont les « fous » qui doivent expliquer aux « sains » que le monde court à sa perte. Tout le monde est-il devenu à ce point fou jusqu'à ne se soucier que de lui-même, à ne plus pouvoir entendre et comprendre l'autre ?

Nosta 9


Les voix off se mélangent aux discours à voix haute, on passe d'un personnage à un autre, d'une phrase à une autre, d'un poème à un dialogue, les mots se croisent mais ne se répondent pas, les silences semblent seuls capables d'exprimer l'indicible. « Les sentiments inexprimés ne s'oublient jamais ». D'ailleurs les souvenirs ne sont ni en couleurs, ni en paroles, uniquement des visages silencieux. Les femmes prient et appellent le secours de dieu, mais il ne leur répondra jamais, la jeune traductrice lui déclare son amour mais il ne l'écoute pas, dieu confie à la femme qu'il envoie des signes mais que l'homme ne les entend pas, le fou se réfugie avec sa famille pour la protéger d'une fin du monde qui n'en finit pas d'arriver, puis il crie à une foule silencieuse et immobile qui ne l'entend pas, ne le voit même pas brûler.

Nosta 3


L'histoire n'est pas secondaire, mais elle est plutôt illustrative, décoratrice, à l'inverse des films habituels, où l'atmosphère sert à illustrer une histoire. C'est pour Tarko plus l'occasion de rendre hommage à sa mère (à la mémoire de laquelle le film est dédié), à l'image de la madone, de la femme et des femmes, à travers tous ces plans en flash-back sur les différents âges de la femme. La femme qui ne demande qu'à aimer, alors que l'homme lui est malade et s'aveugle en peurs et rituels inutiles. Le héros, par exemple, est un homme perdu, dans un pays étranger, sur les traces d'un poète dont il écrit la vie. Mais il est surtout à la recherche de son passé, de sa propre vie. Il s'est perdu en chemin et erre dans sa vie comme dans ce pays inconnu où il n'est rien, où il n'est pas chez lui, ce temps et cette époque où il est loin de sa femme et ses enfants, loin de ce qu'il est, loin de ceux qu'il aime. C'est un poète « malade du cœur » (il prend des médicaments) qui rêve de sa famille en Russie, et qui est incapable d'aimer la traductrice qui l'accompagne, il n'a même pas vu les signes qu'elle lui envoyait. Elle lui offre le sein maternel, qu'il ignore. Il est pur et son amour est ailleurs. Il est ailleurs. Il est de toute façon incapable d'aimer le présent ou le futur, peut-être par conscience que sa fin est proche, il ne peut aimer que ce qu'il a aimé, son passé, sa mère, ses refuges d'enfance, auxquels il se raccroche.

Nosta 6

Le dernier plan-séquence dans les thermes est marquant, mais quand on le revoit on voit surtout l'acteur qui « prépare » son jeu, qui attend que la flamme s'éteigne, et puis le râle ultime est un peu too much. Mais que de plans sublimes partout ailleurs. Un enchantement perpétuel.

Pour moi, c'est ça le vrai cinéma. Un cinéma « intérieur », nostalgique et mélancolique, contemplatif, onirique, symboliste, chargé d'émotions et de moments réels, au plus près des êtres. Voit-on un film, ou assistons-nous à une part de nous même, qui ne peut exister ailleurs que dans cet artifice artistique ?

Nosta 2

Un film essentiel.

17/20

(Ma Palme d'Or du festival 1983)

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30 avril 2020

Dream Theater "A Change of Seasons" (drum cover)

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05 avril 2020

Divertimento #1

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01 avril 2020

Dream Theater "The Spirit Carries On" solo cover

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30 mars 2020

"Quiet Life" cover

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24 mars 2020

Allan Holdsworth "Joint Ventures" solo cover

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11 mars 2020

Periphery "Have a Blast" guitar cover

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06 juin 2019

Umpfel "Shofar" solo cover

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05 juin 2019

Umpfel "What Else" solo cover

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03 juin 2019

Dream Theater "The Best of Times" solo cover

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22 avril 2019

Allan Holdsworth "Dodgy Boat" solo cover

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22 mars 2019

Allan Holdsworth "You came along" cover solo

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06 décembre 2018

Allan Holdsworth "On the Frozen Lake" guitar solo cover

J'ai enfin décidé de m'atteler à quelques solos de ce génial guitariste décédé l'an dernier.

 

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