Le Premier ministre François Fillon a dénoncé vendredi une "chasse au président de la République" par la gauche, qui concentrerait sur Nicolas Sarkozy des attaques d'une "violence inouïe". "Oui au débat d'idées, mais non à cette chasse au président de la République", a-t-il lancé à des militants UMP lors d'une visite de campagne. "Ces critiques qui n'ont rien à voir avec la vie politique ne sont destinées qu'à atteindre un seul objectif: essayer de nous freiner dans notre effort de réforme". Selon M. Fillon, les "attaques se concentrent" sur le chef de l'Etat "avec une violence inouïe, avec une violence inégalée dans l'histoire de la Vème, une violence qui a conduit à dépasser les limites de l'inacceptable en s'en prenant à la vie privée du président". Il a mis en cause, comme il l'avait fait mardi à Evreux, "le mur du conservatisme" qui "se dresse face à une équipe gouvernementale conduite par un président de la République qui a décidé d'aller jusqu'au bout des réformes et qui est soutenu par une majorité unie".

Interrogé ensuite sur "l'appel pour une vigilance républicaine" cosigné dans Marianne par l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (MoDem), M. Fillon a déploré "une attitude profondément anti-démocratique". Visant sans le nommer son prédécesseur à Matignon, qui n'a jamais détenu de mandat électif, il a mis en cause "l'acharnerment que mettent certains responsables politiques qui n'ont pas été élus par les Français, pas été choisis par les Français, à tenter de déstabiliser" Nicolas Sarkozy.  "Il y a eu des élections présidentielles en 2007, il y aura des élections présidentielles en 2012 et les Français choisiront", a-t-il conclu.

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Anti-démocratique ?
C'est trop drôle. Or donc, critiquer l'action de notre Nabotléon serait adopter une attitude anti-démocratique ? Exprimer une opinion politique divergente ne serait même plus admis, sous prétexte de ne pas respecter la démocratie ? Puisque les médias s'acharnent sur lui ( ah bah oui c'est vrai c'est de leur faute ), monsieur FILLON s'empresse de mettre l'Appel du 14 Février dans le même sac, sous-entendant que ce serait une basse manoeuvre de déstabilisation, qui dépasserait les limites du raisonnable, voire du politique. Or, c'est bien l'inverse qu'il se passe. Lui, le monarque, respecte t-il le principe de démocratie ? Sait-il même ce que c'est ? On est en droit de se le demander...

Je rappelle vite fait la signification du terme "démocratie" : Régime politique dans lequel le peuple, c'est-à-dire l'ensemble des citoyens ( sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité ), détient la souveraineté.

En gros, nous, le peuple, et ses élus, avons notre mot à dire. Nous avons le droit de nous exprimer, de participer, de voter, et d'écrire ce que nous pensons des dérives éventuelles de tel ou tel, même s'il est président et se sent protégé de tout, de tous, supérieur en tout, et dans son bon droit. Je ne veux pas m'apesantir sur le récent traîté de Lisbonne, mais entendre cette formule après que le peuple ait été à ce point oublié et méprisé, il y aurait de quoi être consterné. Je ne parlerai pas des nominations des amis de Sarko à la tête de grandes institutions ou de certaines entreprises dans le mois même de son élection ( Frédéric PECHENARD à la Police, Laurent SOLLY à TF1 ), je ne parlerai pas non plus des amis de Sarko qui bénéficient d'avantages financiers, de contrats ( BOUYGUES, DECAUX, DASSAULT, LAGARDERE ), je ne parlerai pas du train de vie de notre président, et de sa transformation radicale de ce statut, je ne parlerai pas de ses excès de catholicisme ou de poids mémoriel pour les élèves de CM2 ( un cadeau de dernière minute pour le CRIF, et les enfants trinquent encore ), je ne parlerai pas de Neuilly et de sa cour décapitée, ni de ses interventions pour contrer des opposants ( comme un déplacement en grandes pompes à Pau, le mois dernier, où il déclarait ne pas participer au municipales, mais où il soutenait tout de même le maire PS sortant face à François BAYROU )
Je ne parlerai de rien de tout cela,en tout cas pas aujourd'hui, mais il y aurait à redire sur la démocratie selon Sarkozy de Nagy-Bocsa.
De fait, je ne vois rien d'anti-démocratique dans cet Appel. J' y vois plutôt du bon sens, de la mesure et, oserais-je le dire : une vision démocratique de la vie politique française telle qu'elle devrait être....
Un jour peut-être ?