Une petite suite à mon "Va t'en, guerre !"
( D'ailleurs je lis des articles orthographiés "Va-t'en guerre", c'est déplorable, bravo les journalistes, vous avez tout compris. Mon titre est un jeu sur le "va t'en", une sorte de "casse-toi pauvre con, on n'a rien à faire là", mais le terme "va-t-en-guerre" signifie bel et bien "celui-qui-s'en-va-en-guerre". Il y a donc des unions et des traités dont il faut se tirer vite fait, et je me permets de vous apostropher à ce sujet... )

bush_poutineLorsque l'OTAN ( Organisation du Traité de l'Atlantique Nord )  fut créée en 1948, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale ( je rappelle qu'on emploie le terme "second" lorsqu'il n'y a plus d'ordinaux à suivre : on devra donc bientôt la nommer la "Deuxième Guerre Mondiale" ), il s'agissait pour l'Europe de l'ouest de se prémunir contre d'autres guerres éventuelles ( un relèvement allemand, une menace communiste ), protégés en cela par les sauveurs états-uniens, qui assuraient leur sécurité. Si un état membre était agressé, les USA n'auraient d'autre solution que de rentrer en guerre. Jusque là, tout va bien. D'autant qu'aucune guerre n'est venue se confronter à cette arme de dissuasion massive pendant cinquante ans. L'OTAN était alors une belle initiative.

Mais, peu à peu, le bloc européen est devenu l'antichambre des états-uniens, qui purent y étendre tranquillement leur hégémonie, et leurs bases militaires. Un "instrument de l'impérialisme américain" selon les Soviétiques, qui s'opposent depuis toujours au Traité, puisqu'ils en sont les ennemis implicites. Depuis lors se joue une petite bataille concernant un autre Traité, celui des Forces Conventionnelles en Europe ( le FCE ), visant au désarmement graduel de l'alliance ( l'OTAN ) et de la Russie, dont l'Europe, entre les deux superpuissances, est devenue l'échiquier, l'argument et l'objet involontaire. Ainsi, lorsque l'ex- RDA entra dans l'OTAN, en 1990, il fut décidé - pour obtenir l'aval des russes - qu'aucune troupe étrangère et aucune arme nucléaire ne seraient stationnées à l'est, et également que l'OTAN ne s'étendrait plus à l'est. Promesse rompue en 1999, lorsque la Hongrie, la Pologne et la République tchèque l'intégrèrent. Puis, en 2004, sept autres pays, eux aussi de l'est ( l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie ). Et aujourd'hui encore, nombreuses sont les demandes pour y entrer ( Ukraine, Géorgie, Moldavie, Macédoine ).

Chacun y va donc de son petit pas en avant diplomatique, suivi d'un petit pas en arrière sur le terrain, et personne ne semble vouloir montrer l'exemple. L'OTAN continue donc son élargissement à l'est, et le pauvre Poutine refuse depuis décembre 2007 d'appliquer le Traité si l'OTAN ne fait pas d'effort, celle-ci souhaitant par exemple qu'il retire ses troupes de Géorgie et de Moldavie. Quel homme courageux d'ailleurs, ce pauvre Poutine, qui assiste au Conseil OTAN-Russie pour la première fois en six ans, juste un mois avant de quitter son poste de président, pour dénoncer la "diabolisation de la Russie" depuis la fin de la Guerre Froide.

En fait, depuis la chute du bloc soviétique, l'OTAN devrait se dissoudre, et l'Europe devrait créer sa propre défense, se désolidariser des USA, et éviter de tomber dans les pièges inéluctables de leur désir d'emprise totale sur le globe. Mais avec le rapprochement atlantiste de notre nabotléon, on en est malheureusement loin, très loin. Apparemment, nous allons revenir l'an prochain au commandement militaire intégré, dont le retrait par le général de Gaulle en 1966 nous avait permis une certaine indépendance, comme celle de dire non à l'invasion de l'Irak.

Sinon, depuis hier il fait beau...