Ma vie avec moi...

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06 novembre 2009

Le début de la fin

J'avais dit que je ne parlerais plus de lui, mais nous sommes à mi-mandat de notre bon Nabotléon, et il semble que ça aille de mal en pis dans sa propre majorité. Franchement, ce n'était déjà pas glorieux, mais alors là...

30 juin 2009

Lettre ouverte de Joseph Tual à Nicolas

C'est l'esprit tranquille que je me rendrai à la convocation de Nicolas Sarkozy. Les policiers, eux, ma foi, ne font que leur boulot. Ils ne sont en rien responsables de cette situation qu'eux-mêmes qualifient d'ubuesque. Ils sont simplement manipulés et détournés de leur mission de service public, comme nous à France Télévisions et dans bien d'autres entreprises publiques. Le diktat est simple. Le mot d'ordre est « vous êtes tous à ma botte, les têtes qui dépassent seront toutes coupées » : voilà le message de monsieur Sarkozy, dont acte ! Tu es président de la République, ok ! Je vais à la convoc, mais après ? Tu vas me faire quoi ? Me passer au karcher ? Tu dis qu'on ne t'a pas respecté, mais Nicolas, pour cela, il faut être respectable, et d'abord respecter son prochain. François Mitterrand ou Jacques Chirac auraient pu venir même à pied de l'Elysée jusqu'à France Télévisions, seuls ou accompagnés de deux ou trois gardes du corps. Crois-moi, personne ne leur aurait manqué de respect ni importunés. Ils seraient rentrés à France Télévisions sans difficultés, tranquillement. Etre président de la République en France, visiblement, ne consiste pas uniquement qu'à être élu. Il faut savoir occuper la fonction, avoir de la hauteur, altitude et attitude que le poste impose. Pour tout cela, dans ton cas, Nicolas, il faudra, je le crains, pour nous citoyens français, attendre encore, et longtemps.

Ceci dit, de nombreuses personnes parmi mes proches, me demandent de t'expliquer qui je suis, moi, Joseph Tual, carte de presse 60128, et ce, probablement, pour que tu puisses mieux évaluer le problème, et logiquement, demander poliment, Nicolas, aux personnes en charge du scénario de ce mauvais feuilleton d'y mettre un terme. Je suis arrivé à France 3 en 1987. Je suis à l'époque journaliste reporter d'images, en bref un caméraman d'actualités. Politiquement, la France cohabite. Et moi, on m'envoie systématiquement, tous les jours ou presque, avenue d'Iéna, où la guerre dite des ambassades, entre la France et l'Iran, fait rage, fait sans précédent dans notre pays. A la baguette ? Môssieur Pasqua ! Tu sais, le gars qui voulait terroriser les terroristes ! Wahid Gorji est réfugié dans l'ambassade d'Iran. Personne ne le connaît encore, moi je l'ai filmé. Mes images ont fait le tour du monde, et un an après, rebelote : le débat du second tour de la présidentielle, Chirac-Mitterrand, tu sais « les yeux dans les yeux, je le conteste ». Les deux hommes se lancent Gorji à la figure : deux mois entiers de planque, pour une poignée de secondes à l'antenne. Il faut dire que je suis très tenace. Je suis né en Bretagne en 1961, j'ai couvert la fin de la guerre Iran-Irak, des deux côtés, et je me suis fais copieusement tirer dessus par tous les belligérants. J'ai filmé dans la ville d'Halabja (Kurdistan iranien), quelques jours après le terrible bombardement à l'arme chimique. Je te laisse imaginer la vision d'épouvante ! Je filme ! Des images qui informeront… Tu connais la suite, j'en suis sûr…

Pour moi, les années 1988, 1989, 1990, furent très denses sur le plan professionnel. En 1989, le bloc de l'est craque de toutes parts. Je suis à Prague pile poil au moment où Vaclav Havel prend la parole place Venceslas. Quand j'y repense, j'ai des frissons… donc plein de reportages que France 3 diffuse. Puis c'est au tour de la Roumanie de vouloir se débarrasser de son Nicolaï. J'arrive donc dans Bucarest le 21 décembre 1989. Gros bazar dans la ville. Ambiance de rumeurs diverses et variées, toutes dramatiques. Je suis avec mes collègues de la 5, que De Carolis n'a sûrement pas oubliés. Gibault, Dutertre et Calderon. Nous sommes devant un hôtel glauque de la banlieue à nous demander tous : « que fait-on, où va-t-on ? » Jean-Louis Calderon, avec son équipe, part pour la place de la République. Nous aussi, mais en route, nous rencontrons une colonne de chars. Leur objectif : protéger la télévision, où la révolution audiovisuelle bat son plein. J'ai passé la nuit dans l'immeuble de la télé roumaine. Une nuit à se faire tirer dessus sans discontinuer, où les rumeurs, là encore, allaient bon train. Je me souviens encore de l'une d'elles : « la Securitate est au quatrième étage ». Nous, on était au huitième, donc ambiance lourde genre : « plus que quatre étages et ce sont mes dernières images ». Jean-Louis Calderon et son équipe vivent la même situation à quelques encablures de nous, sur la place de la République. Mais au cours d'une manœuvre d'un char, Jean-Louis est écrasé. A la morgue, je t'assure, Nicolas, je n'en menais pas large. Tu vois, pour Jean-Louis et en mémoire de son travail, j'irai à ta convoc. Ensuite ce fût la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, des révolutions presque festives comparées aux autres. Puis vient la première guerre du Golfe. Je suis là, en Irak, avec les boucliers humains, les expats, retenus par Saddam Hussein. Puis la Jordanie, les manifs, puis le grand prix de karting à Amman, une grande et heureuse rigolade avec le grand, très grand, journaliste Paul Marchand. Pour lui, et en hommage à son travail, j'irai à ta convoc, Nicolas.

Je pourrais aussi te parler de l'année 1994, d'une église à Kibuyé au Rwanda. Mais je n'en ai vraiment plus le cœur. C'est dans ce pays que je pense avoir le plus psychologiquement souffert. Passons. Il y a eu des moments très durs aussi en ex-Yougoslavie, la guerre et sa barbarie. Tous ceux qui la connaissent le savent bien. Quinze années pleines et entières avec ma caméra pour toi, et ceux qui regardent France 3. Cette caméra qui, elle, aura eu raison de mon dos : mes vertèbres ont rendu l'âme en 2001 quelque part dans la vallée du Panchir, en Afghanistan. Exit donc la caméra. Depuis, je cause dans le poste. Problème : je cause comme je filmais. Tout près de mon sujet, au taquet, direct dedans, sans mise en scène. L'info, rien que l'info. C'est peut-être là que ça coince pour toi. Le journalisme dit d'investigation est devenu l'évolution logique et naturelle de mon expérience passée. Chose que personne ne conteste à France 3. L'affaire Ben Barka, que je connais bien, a visiblement du mal à passer chez toi. Je n'aurais peut-être pas dû informer le public de France 3 que le juge en charge du dossier avait signé cinq mandats d'arrêts internationaux contre d'éminents représentants de la haute hiérarchie sécuritaire marocaine. Des personnes que tu as saluées. Oui, je sais, cela coïncidait avec ta première visite d'Etat au Maroc en tant que président de la République. Et je me rends bien compte que Mohammed VI et ses copains n'ont pas été très sympas, du coup, avec toi et ta délégation. C'était le 22 octobre 2007. Ah, j'oubliais, mon dirlo était dans ton charter commercial ! Faut vraiment pas lui en vouloir, il n'était pas au courant. D'ailleurs, les Alaouites lui ont réglé royalement sa note d'hôtel, sans rancune je crois.

Bon, je sais aussi qu'avant tout cela, j'ai investigué dans l'affaire Guy-André Kieffer, tu sais ce journaliste disparu à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 16 avril 2004. Je t'ai quelque peu grillé la politesse. Tu avais gentiment reçu la famille de mon confrère le 22 août 2007. Et moi, j'en ai profité pour diffuser ce reportage où l'on voyait ce témoin qui racontait avec force détails et in situ, comment les préposés à la sécurité du clan Gbagbo, s'étaient débarrassés de Guy-André Kieffer. Je te passe le coup sur l'affaire Boulin, où dans mon reportage, Raymond Barre parle de l'assassinat de son ministre du Travail par le RPR, et l'affaire dite du Beach de ton ami Sassou N'Guesso, ou l'affaire Borrel, l'affaire Mecili, etc. Je ne vais pas non plus te remémorer un autre de mes dossiers qui d'ailleurs n'a pas encore abouti, mais que tu connais sûrement… Ah, une vieille marotte que cette histoire, qui ne demande qu'à être connue de l'ensemble de nos concitoyens. Je me demande toujours pourquoi ce monsieur, élu des Hauts-de-Seine, qui t'est si proche et si fidèle, n'est toujours pas ministre de la Justice… Je vais m'en tenir là. Ah j'oubliais, désolé pour la mise à l'antenne, le 18 juin dernier, du rapport Nautilus sur l'attentat de Karachi en 2002, qui tua onze de nos compatriotes. Je ne pensais pas que cela pouvait te rendre si chafouin. Je pourrais encore t'écrire des pages et des pages sur mon activité journalistique, que tu connais bien grâce à ton réseau d'oreilles. Mais je crains que cela ne lasse les autres lecteurs.

Alors revenons-en au fait. Donc on me convoque le 2 juillet à 10 heures, pour cette histoire de cornecul dite du « Off Sarkozy à France 3 ». Tu veux me coller ça aussi ? Nicolas, je suis désolé de te le dire, je ne suis ni un voleur ni un receleur, ni un contrefacteur. La présidence de France Télévisions le sait très bien, puisque leurs enquêteurs internes ne m'ont même pas auditionné. Et je ne peux pas m'attribuer l'œuvre d'autrui qui, il est vrai, avait un fort coefficient informatif sur ton Toi. Désolé, c'est pas moi ! Tu auras retenu la leçon que passer à la télé, ça n'a pas que des avantages. Mais ne t'inquiète pas, je te fais confiance, tu trouveras bien autre chose pour me punir. Ah, j'oubliais, si je te tutoie, c'est que tu as commencé il y a bien longtemps au siège du RPR, rue de Lille, et encore en 2007 dans une cabine de maquillage de France 3. Allez, au revoir Nicolas, je tâcherai de t'envoyer des news de temps en temps. Bien entendu, je t'invite toi et tous ceux pour qui la liberté d'informer et la démocratie sont des notions fondamentales dans notre pays, à venir le 2 juillet, vers 9 heures, au 122-126, rue du Château des Rentiers, dans le XIIIe arrondissement, à Paris. Je crois que nous aurons des débats et des échanges fructueux quant à l'avenir de la presse libre et donc libérée, je l'espère, en France.

* * *

Non mais c'est pas complètement insensé cette affaire ? On va mettre en prison celui qui a filmé "Casse-toi pauv'con" aussi, comme le jeune homme à Aubagne en Novembre 2006, condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir traité notre bon président de "fils de pute" ? Il faudrait peut-être qu'on essaie de se recentrer sur les choses importantes dans ce pays, et qu'on arrête de nous faire chier dès que le nabot a un pet de travers. Qu'il écoute, et qu'il ne tienne pas compte, comme pour les grèves. Je lui rappelle qu'il s'y dit des choses bien moins plaisantes à son encontre à ces moments-là. Retrouvons donc un peu de nos anciennes libertés républicaines, enfin, tâchons de préserver les dernières encore inviolées. 

24 juin 2009

La farce tranquille

1890

Ce remaniement ne sert à rien, puisque les ministres ne servent à rien et sont interchangeables entre eux.
On devait les noter, on les jarte. Et même les plus mauvais sont recasés, par défaut.
Un écran de fumée, et un aveu de faiblesse de plus.

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23 juin 2009

L'emprunt

230609emprunt

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22 juin 2009

Le Sacre du flou du Roy

Parlement, du verbe "parlementer"...
Au lendemain de la Fête de la Musique, nous avons eu droit à un beau solo de pipeau.
Bon, certes un peu cher, totalement inutile et antidémocratique, mais on commence à être habitués.

Il y a eu également un très beau verbe conjugué à la louche : "nous manqurions"
"Ment crions" ? "Manque rions" ? "Man Crillon" ? "Mankryon" ?
Bref, encore une fois, de Guy se Moquet-on ?

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21 mai 2009

Combien pour un "Sarkozy je t'enc..." ?

Danse_avec_les_sousHier soir, le dessinateur en vue d'un quotidien national m'a interrogé au sujet d'un dossier délicat: "Si ''Sarkozy je te vois" c'est 100 euros, combien pour Sarkozy je t'em...?" Depuis cette question me taraude. On sait déjà que brandir un petit panneau sur lequel est mentionné "Casse toi pôv' con!" est punissable d'une amende de 30 euros; avec le "Sarkozy je te vois", pour le moment estimé à 100 euros, on progresse. Mais peut-on encore faire mieux? Donc, le "Sarkozy je t'em..."? Combien? Quelque chose me dit que des petits malins vont finir par lancer un concours. Il s'agirait de prononcer en tous lieux publics,et en toutes occasions, si possible en présence de représentants des forces de police, des propos hostiles au président de la république. Le gagnant serait celui qui se verrait infligé une peine d'amende pour outrage au chef de l'Etat, ou toute autre condamnation liée à sa provocation, comme ce "tapage diurne" reproché à ce professeur de philosophie en pleine gare Saint Charles à Marseille. Avec de beaux paris, non seulement l'amende serait remboursée, et au surplus, le vainqueur pourrait gagner in fine une belle somme d'argent. Imaginez la chose: "Chiche que tu cries le 14 juillet lorsque le président passe sur les Champs Elysées un très beau "Sarkozy je te vois!" à 100 euros et que trente personnes parient entre 30 et 50 euros... Ça vaut le coup non?" Donc, combien pour un "Sarkozy je t'em..."? Qui plus est, l'imagination humaine en matière d'insolence étant sans limite, très rapidement fixé le prix du tarif du "Sarkozy, je t'em..." on se demanderait tout aussi rapidement quel serait le tarif du "Sarkozy je t'enc..." pour le tester derechef. Bref, ce serait l'escalade. Étrange pays que la France désormais, où le simple fait de prononcer le nom du chef de l'Etat est susceptible de peines d'amendes ou de prison. Tiens d'ailleurs, pendant que je j'y pense, cette dernière question: si "Sarkozy je te vois", c'est 100 euros, combien pour le "Sarkozy" tout court?

Bruno Roger-Petit in Le Post

04 avril 2009

Les jeunes pousses de la politique

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24 mars 2009

Meeting de potes

Lamentable spectacle que ce meeting de chef de parti indéfiniment en campagne, qui se félicite et s'amuse, entouré de ses fidèles. Je crois que je ne vais plus parler de lui, ce sera la meilleure manière de le mettre à la seule place qu'il mérite : l'indifférence. Une manière d'appliquer un de ses préceptes aussi, "j'écoute, mais je ne tiens pas compte". Comme lorsque au soir de la journée de manifestation du 19 Mars, il préfère envoyer, lui, le Haut-Parleur, son premier ministre, plutôt que de s'adresser aux français. Apparemment, il préfère s'adresser uniquement à ses amis, à son bord, à ceux qui croient encore en lui. Il y aura donc encore beaucoup de choses à dire sur lui et sa politique déplorable - et sans doute de pire en pire au vu de ce qu'il a dit ce soir de ses valeurs, au coeur de la crise - mais ce sera désormais sans moi.
Une France sans Sarkozy, ça ferait du bien non ? Alors commençons par l'ignorer. Il ne craint que cela.

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22 mars 2009

Post Scriptum

Je voudrais féliciter le Parti Socialiste, qui arrive à être quasiment aussi médiocre et impuissant que notre bon président.
Je ne pensais pas qu'ils iraient aussi loin, mais là chapeau, rien à redire, d'autant que ça devient presque drôle.

martine_prend_sa_carte_au_ps

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17 mars 2009

OTAN en emporte la France

Je ne dis rien. J'observe le pays vers lequel nous nous dirigeons lentement mais sûrement.

sarkOtan

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