Je ne sais plus quel âge j'avais. 13 ou 14 ans je pense. Et pour mon anniversaire qui approchait, mon grand frère allait m'offrir une cassette audio d'un groupe que je ne connaissais pas. Il avait dû me le dire. Du coup, un brin curieux, j'avais déniché ladite cassette dans sa chambre, et un soir, avant son retour, j'avais engouffré l'objet dans la vieille chaine Hi-Fi de mes parents. Et hop, mes oreilles tombent des nues en entendant le premier titre, "Message in a Bottle". La claque. Le bouleversement originel. Je ne sais pas comment il s'y était pris, mais il avait trouvé le groupe qui me correspondait et allait m'accompagner durant toute mon adolescence. Les jours suivants, je réitérais l'expérience, mais jamais plus avant que le premier titre, pour ne pas me faire cueillir le casque sur la tête, avec le cadeau à venir. Puis, les mois et les années suivantes, avec les autres albums de ce groupe et quelques autres ( Cock Robin, Prince ), je faisais tourner à l'envie, sans m'en lasser, ces galettes magnifiques. Ah la la, ce son de charley, ce jeu de ride, ces doubles frappes de caisse claire. C'était ma vie, ce son de batterie et ces morceaux géniaux. C'est le seul groupe de punk et en même temps le seul groupe de reggae que j'aime, parce que ce n'est pas du punk ou du reggae, c'est bien au-delà. Une dernière chose : étant donc devenu un fan absolu du batteur, Stewart Copeland, mais n'ayant pas encore de batterie, je jouais toutes les parties en "air-drum", et lorsque j'acquis enfin ma première batterie, une vielle Asama d'occase ( je n'avais pas les moyens de m'acheter une belle Tama neuve ), je savais déjà jouer tous les morceaux.