Bon, maintenant que tout le monde a compris que ça ne servirait à rien de voter pour Europe Ecologie ( qui ne sert qu'à obtenir quelques députés en soutenant le PS ), le NPA ( qui s'est immédiatement marginalisé et fourvoyé ) ou le Nouveau Centre ( les traîtres à Bayrou qui sont allés se réfugier sous les jupes de Sarkozy et cherchent désormais à s'en émanciper pour 2012, se figurant naïvement que Morin aura quelque légitimité ), il serait intéressant d'envisager les solutions restantes.
Pour le Front de Gauche, il faudrait songer à montrer un visage plus calme et moins hostile que celui de Mélenchon, s'ils espèrent profiter du désarroi du PS ( et pourquoi pas du NPA ) pour rassembler et faire progresser leur score. Je pense qu'avec un autre leader ils pourraient être mieux entendus et suivis.
Pour le PS, c'est une élection présidentielle en soi, et c'est ce qui est le plus dramatique, dans tous les sens du terme. Il y aura probablement d'ici un an des primaires, qui verront s'entredéchirer une bonne dizaine de candidats potentiels, puis une poignée, pour n'avoir plus qu'une seule figure finale, celle de l'hypocrisie et du reniement. Cette bataille intestine tiendra lieu - comme en 2007 - du seul intérêt programmatique de ce parti, qui ne sait même plus comment se comporter, comment se situer, comment se renouveler, comment espérer gagner, quoi proposer, qui présenter en son nom. Plus on avance dans le temps, plus il se ridiculise. Je ne suis même plus à le déplorer. J'assiste au spectacle, comme tout le monde. De toute façon, quoiqu'il arrive, et comme toujours depuis 2002, tout sera fait pour que le leader naturel soit écarté et la machine à perdre parfaitement huilée portera le candidat qu'auront choisi les sondages.
Quand à mon cher MoDem, eh bien j'avoue que je suis sans voix. Fragilisé par ses faibles résultats aux Européennes et aux Régionales ( à cause du subterfuge factice "écologique", dont une bonne partie des voix devraient lui revenir pour une "vraie" élection ), on ne l'entend quasiment plus. Comme s'ils avaient peur qu'une nouvelle égratignure médiatique les fasse plonger à nouveau dans l'oubli dans lequel ils se morfondent depuis des mois. J'espère seulement qu'ils préparent une campagne digne de ce nom, et un projet fédérateur. Mais pour cela, il faudrait que Bayrou occupe le terrain et ne rechigne pas à mouiller la chemise et les confrontations, lui qui ne craint personne. Plus il se fera entendre, plus son discours sera entendu, comme il l'avait été en 2007. Comme cela se voit de plus en plus, il aura suffit d'un buzz idiot pour que tout s'écroule ( en apparence ), pour qu'on condamne l'innocent, pour qu'on oublie les propositions et le contenu. Pour qu'on oublie l'essentiel. De nos jours, tout est fait pour occulter l'essentiel, et il faut savoir inverser la tendance. S'il continue trop longtemps à se taire, ce qu'on dit de lui et de son mouvement ne sera plus réversible. Il faut agir dès maintenant, montrer qu'il est là, et que son parti est porté par un projet solide et neuf. Je l'invite d'ailleurs à utiliser davantage internet pour faire vivre sa pré-campagne, avec des vidéos sur ses différentes propositions, mais pas dans des monologues abscons : en répondant à des jeunes, des journalistes indépendants, en créant un vrai rendez-vous sur la toile. Et qu'il fasse bien savoir qu'il avait proposé à la gauche un espace de débat et de concertation pour faire jaillir de l'opposition un projet commun ( seule possibilité de contrer Sarkozy ou son double ), mais que cette idée n'a malheureusement été retenue par personne.
Mais par contre, dès qu'il aura montré ses limites ou son impuissance, sans le blâmer ou lui en vouloir, je dirai ici à quel point il serait vain de croire que 2012 sera gagnable par tout autre candidat que celui de la droite...