Je vais vous mettre quelques vidéos et articles qui parlent d’eux-mêmes.

Il se peut que j’use d’ironie dans les quelques lignes qui vont suivre, tant cela m’agace.

 

Tout d’abord, donc, la vidéo de l’émission de Frédéric Taddeï :



Conspirationniste, révisionniste, négationniste, anti-américain, paranoïaque, donc.

Il manque quelques petits amalgames sympathiques comme l’extrême-droite, l’antisémitisme et la maladie mentale, ou autres quolibets délicats, mais nous ne sommes pas loin de l’attirail de base généralement attribué aux « reopenistes », qui, c’est l’évidence même, sont tous faits dans le même moule d’idiotie. N'en jetez plus : Kassovitz, qui était la veille une personne respectable, est soudainement devenu sous nos yeux un exemple de stupidité chronique, très contagieuse sur le net. Puisqu’il va de soi qu’il y a la vérité saine et intelligible d’un côté et le mensonge malsain débile et « intellectuellement inaudible » ( comme on le lira plus tard ) de l’autre.

 

Puis survient la magnifique réaction le lendemain de Nicolas Poincaré, qui amorce sa chronique en déclarant que « Kassovitz nie le 911 » ( non mais il est pas beau le raccourci là ?! ), puis prouve dans un exercice de style puéril qu’il ne connaît rien aux évènements, aux enquêtes, et aux revendications et interrogations des « reopenistes ». Laquelle chronique est ponctuée immédiatement d’un avis dénué de toute intelligence critique de Nathalie Lévy, qui compare Kassovitz au fameux négationniste Faurisson, et n’arrive même pas à retirer de la phrase  « Plus le mensonge est gros plus ça passe » son sens plutôt que son auteur. D’ailleurs la phrase n’est pas de Goebbels, et quand bien même elle le serait, où est le problème, sinon dans le fait d'en inventer un pour asseoir un propos orienté ? Il s’agit d’une phrase utilisée par Kassovitz, qui a réalisé la voix off du documentaire sur la seconde guerre mondiale diffusée dernièrement, « Apocalypse », et dont le sens et la teneur me semblent plus importants que son auteur. Attribuer des velléités antisémites et négationnistes à Kassovitz me paraît être une diffamation grave, d’autant que dans l’émission, il déclare aussi vouloir comprendre les mécanismes qui amènent des gens à de telles horreurs pour ne pas les réitérer. Mais qui s'en soucie ? C'est bien plus amusant de participer sans réfléchir au lynchage en règle. "Kassovitz en Faurisson du 11 septembre, ça fait froid dans le dos". Parce que vous voir en MacCarthy du sens critique, vous ne pensez pas que ça nous fait peur peut-être ?

Enfin, un article d’une rare médiocrité, dans le même ton d’ailleurs – et la phrase de Nathalie Lévy y est d’ailleurs reprise, comme par hasard les grands esprits se rencontrent ! - du « journaliste » Renaud Revel, qui, à court d’arguments, argutie sur la bêtise supposée de Kassovitz, et se réfugie derrière le manque de professionnalisme de l'animateur, FrédéricTaddeï, qui aurait dû interrompre son intervenant, et lui asséner le discours officiel en guise de seule et unique vérité absolue bonne à entendre - les autres intervenants étant sans doute incapables de faire résonner le son de cloche généralement autorisé et attendu par Revel. J'ai d'ailleurs trouvé les contradicteurs parfaits dans leur rôle imposé par la bien-pensance des masses, hormis le jeune philosophe qui affiche un positionnement intelligent. Ce brave Taddeï a le courage de faire un débat sur ce sujet primordial, et il devrait empêcher ce même débat, et "apporter la contradiction". Ah bon ? Franchement, il est beau le journalisme selon Renaud Revel ! Voici ces quelques lignes :

 

Etonnante diatribe révisionniste de Mathieu Kassovitz, hier soir le plateau de Frédéric Taddeï ! Il est toujours un peu dérangeant de voir un animateur offrir de la sorte une tribune à une personnalité pour la laisser ensuite raconter un peu tout et n’importe quoi à propos des évènements du 11 septembre…Que Kassovitz soit invité, c’est une chose. Qu’il dérape à l’antenne, pourquoi pas, il n’est pas le premier à faire du café du commerce sur ces évènements, certes encore entourés de zones d’ombre, que des personnalités bien plus compétentes ont analysé, étudié, décortiqué et ce depuis des années : le propos du cinéaste reste confus, emberlificoté, aucunement étayé, bref intellectuellement inaudible.

Mais que celui qui est censé apporter la contradiction sur le plateau, qui est supposé recadrer un tant soit peu le propos d’un Kassovitz en pleine confusion, en pleine politique fiction, ne pipe mot me pose un léger problème. J’ai bien regardé ces images et le regard studieux de Taddeï, dans lequel on ne lit, à aucun moment, ni surprise, ni étonnement, pas même l'ombre d'une interrogation, peut laisser à penser qu’à cet instant précis Mathieu Kassovitz, que chacun écoute religieusement sur le plateau, est en train de nous dévoiler on ne sait quel scoop, alors qu’en vérité l’homme est en train de s’enliser en toute beauté. J’aurai simplement voulu entendre à un moment Taddeï dire à Kassovitz: « Il faudrait peut être arrêter le délire » Kassovitz en Faurisson du 11 septembre, il ne manquait plus que cela. 


Renaud Revel : http://blogs.lexpress.fr/media/2009/09/11-septembre-kassovitz-delire.php


Ca c'est sûr que c'est étayé et intellectuellement audible ! Enfin, pas pour moi en tout cas...

Pour finir, la très honnête et intellectuellement la plus simple et acceptable réaction de Zemmour – qui se voit obligé d’expliquer que le révisionnisme est une chose essentielle et saine, et non un raccourci obligatoire vers le « négationnisme » - face à une Isabelle Gélinas gentille mais un peu perdue, et surtout un François de Closets pitoyablement largué, qui en parlant de conspirationnisme et du meurtre de John Fitzgerald Kennedy se contredit lui-même lamentablement :

 


J’espère que Mathieu Kassovitz ne se laissera pas faire et agira en conséquence, parce que personne ne mérite ce genre de traitements, surtout pas une personne qui recherche à connaître la vérité et à ouvrir un débat sur ce sujet de la plus haute importance. Débat qui, apparemment, ne laisse pas de place à la contradiction légitime et aux avis lucidement divergents. Ce qui répond sans répondre, une fois encore, à l'émission et à la question initiale...

Je trouve cette nouvelle diabolisation édifiante et d’une malhonnêteté intellectuelle sidérante, et les diffamations – malheureusement toujours les mêmes amalgames imbéciles – très graves. Et je déplore une nouvelle fois le manque de sérieux des journalistes français, et les répercussions nauséeuses de la belle pensée unique, aussi bien diversifiée et partagée que la connerie humaine.