Après François Hollande et Manuel Valls, c’est au tour de Pierre Moscovici d’évoquer sa possible candidature à l’élection présidentielle. Sachant que Ségolène Royal et Laurent Fabius sont déjà sur les rangs et d’autres en réserve (DSK, Aubry, Delanoë), le trop-plein s’aggrave. Trop longtemps N°2 de Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici voit passer sa carrière politique avec une certaine angoisse. Alors que les jeunes pousses du Parti Socialiste (Hamon, Valls) commencent à se faire un nom, lui n’arrive toujours pas à véritablement émerger. C’est sans doute pourquoi il vient d’annoncer qu’il était candidat à la candidature, rallongeant encore une liste de postulants dont la longueur ne sera pas à porter au crédit du PS en 2012...

« Je pense avoir les qualités d’un leader politique » : c’est pour cette raison (répétée deux fois) que Pierre Moscovici dit vouloir être candidat, après avoir pourtant dénoncé la guerre des égos au sein de son parti. Ce n’est pas pour défendre un projet, une vision de la France. Pierre Moscovici estime en toute modestie qu’après Dominique Strauss-Kahn, il est le mieux à même au sein de son parti pour être candidat à la présidence de la République. Il veut être « utile à son parti et à son pays ».  Ce n’est sans doute pas un hasard si Pierre Moscovici parle de son parti avant son pays sans même que cela attire l’attention du journaliste. Les dirigeants du Parti Socialiste placent l’intérêt de leur parti avant celui de leur pays. Ce qui compte, ce n’est pas que la France aille mieux : d’ailleurs, il n’en parle pas. Ce qui compte, c’est que le Parti Socialiste revienne au pouvoir pour qu’ils puissent enfin retrouver les ors de la République. C’est l’ensemble de la tête du Parti Socialiste qui est pourrie. Après, il ne faut sans doute pas trop accorder d’importance à cette candidature à la candidature. Pierre Moscovici espérait devenir premier secrétaire du PS il y a un an, et il a fini par retirer piteusement sa candidature, préférant ne pas compter des troupes qu’il savait bien légères… Mais son comportement, à la fois prétentieux, ambitieux et désintéressé de la chose publique est sans doute une bonne illustration de la réalité des dirigeants d’un parti dont il n’y a rien à attendre.

Nicolas Sarkozy et François Bayrou ont de la chance : non seulement le Parti Socialiste ne tire aucune leçon de ses échecs, mais il persiste plus que jamais dans ses erreurs. Un socialiste n’est pas prêt de revenir à l’Elysée.


Laurent Pinsolle in Marianne2.fr

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J'apprécie beaucoup Moscovici, pour moi en effet le leader le plus apte au sein du PS, et l'un des rares à pouvoir rassembler ce qu'il reste de troupes. J'avais d'ailleurs souhaité qu'il devienne son premier secrétaire. Mais comme mon affection pour le PS s'étiole de plus en plus, j'approuve assez globalement cet article. Comme il manque singulièrement de popularité, il ne risque pas de réussir les primaires, comme cet automne, où tout le monde finissait par l'abandonner. J'ai donc de plus en plus confiance en un retour progressif de Bayrou, sur des problématiques et des oppositions fortes.