Non mais c'est bon, ça va finir par bien faire maintenant. S'il existe une seule bonne raison de garder Julien Coupat en prison, vous pouvez nous en faire part, parce que c'est du foutage de gueule là. Que MAM ait fait une erreur de zèle sécuritaire et que cette bévue soit un peu encombrante, j'en conviens, mais il serait peut-être temps de mettre fin à cette mascarade au plus vite, parce que si vous voulez étouffer l'affaire et laisser les choses se dissiper d'elles-mêmes, j'ai l'impression que c'est mal parti. Je ne sais rien de cette affaire, et c'est bien ce que je déplore. On ne sait strictement rien.
Alors s'il existe des preuves tangibles que ce mec a véritablement commis ce qu'on lui reproche tout seul ( puisqu'il est le seul à être encore incarcéré ) avec ses petits bras musclés, okay, je ne dirai plus rien. Sinon, vous le libérez, après deux mois de détention arbitraire, vous faites en sorte que la surveillance qui lui était assignée soit assurée comme elle aurait dû l'être, et si vous faites un semblant d'amende honorable, on pourra peut-être accepter que la "justice" commette de brèves erreurs sans trop de préjudices. On mettra ça sur le dos de la lutte contre le terrorisme et ça lui fera plaisir. Elle a l'habitude. C'est même la nouvelle économie mondiale.
Et je ne veux pas entendre notre nabotléon jeudi soir sur sa bonne chaine privée et sur sa bonne chaine publique déclarer devant son ancienne maîtresse que si la manifestation en faveur de Coupat s'est soldée par des blessés du côté des flics, c'est de la faute à "l'ultra gauche" et aux "ennemis de la démocratie", que les manifestants sont les nouveaux terroristes, comme à Davos. Tout comme je ne veux pas qu'il se dresse avec un "non mais c'est quand même extraordinaire" et mette la grève de jeudi dernier sur le dos de la crise mondiale, de la tempête et de la République tchèque. Mais vous savez quoi ? Eh bien il va faire exactement ce que je viens de dire. Rien n'est de sa faute. Aucun mea culpa, aucune reconnaissance d'aucune erreur, aucune responsabilité assumée, si ce n'est des choix dont on ne verra aucun effet avant des mois et dont ces mêmes effets ne seront qu'une succession d'échecs et d'abus de pouvoir supplémentaires. Non, ce sera toujours de la faute des autres. Comme quand Jospin disait que la politique ne pouvait pas commander l'économie. Comme quand quelque chose tournera rond dans ce pays. Ce ne sera pas de sa faute non plus.