Vive la crise !

Je ne l'ai pas encore dit, mais cette crise me ravit. Certes, ce sont encore les petits qui en pâtissent le plus ( licenciements, hausse exponentielle du chômage, réduction du temps de travail pour certains, des commandes pour d’autres, faillites de PME ), ce sont eux les principales victimes. Mais ça, ça ne change pas, on s’y est fait, même si c’est dur. Non, ce qui me ravit, c’est qu’enfin le modèle mondial basé sur le Tout-Argent, le roi dollars « vert de gris », sensé faire tourner la planète, s’avère être une mécanique incertaine, et un désastre qui révèle autant de pertes vertigineuses que de fraudes, pour une fois sans parachutes. Et plus ce modèle a été fortifié, plus il a offert de risques, permis des failles banquisardes.
A propos de banquise, on cherche encore où sont les évolutions en matière d’environnement, où sont les efforts en matière d’écologie, les lois imposant des réductions d’émissions, des interdictions. On a bien une crise environnementale et un pont de Grenelle, mais pour l’instant je vois surtout toute la liquidité qui s’y déverse bien calmement. Et tout l’enjeu du sauvetage de la planète leur passe bien au-dessus de la tête, à nos « dirigeants ». Je vois surtout une exploitation de la main d’œuvre, un monopole des industries douteuses ( Monsanto ), un désir de maïs transgénique pour nos générations futures, bref, une vision de l’écologie un peu incomplète, voire fautive. Il arrive quand, le modèle qui fera de l’environnement une ressource économique, un tremplin à l’embauche, des ressources souterraines, des nappes emploitiques ?
L’argent, la religion, la guerre, la pauvreté, tout est lié depuis des siècles, et curieusement pour notre plus grand malheur. Mais le respect de l’homme, de ses droits, de sa planète, ça, on en cherche encore la trace. Comme si c'étaient ainsi que les choses devaient se passer, sans que ça puisse changer. Donc, d’assister à l’effondrement de ces murs d’argent virtuel, j’avoue que cela me réjouit profondément. Que les grandes banques et les grandes industries en trinquent un peu, qu'on construise et vende moins de voitures, que le commerce ralentisse quelques temps, ça ne peut pas faire de mal. Ca peut même donner de bonnes idées à certains. Après la main de l’homme qui détruit la planète, voici son cerveau avide de richesses monétaires qui se crée lui-même sa propre perte. Décidément, on est doués pour s’infliger tout le malheur possible, sur cette terre qui pourrait être un lieu d’amour, de paix et de bonheur. Il est où le progrès, quand on continue à s’évertuer de transformer les hommes en machines à produire et gagner plus ? Gagner plus... n’est-il pas plus important de donner et recevoir que de perdre ou gagner ?
sarkonabotAllez, je vous rassure, cette vision simpliste et naïve des choses ne se réalisera jamais, vous pouvez continuer à trimer toute votre vie pour subsister misérablement, à survivre comme des sous-hommes. On vous encouragera et on vous aidera à vous enfoncer, n’ayez crainte. On l'a un peu oublié, mais notre nabotléon a un projet de civilisation extraordinaire dans sa poche ( vous savez, ce qu'il tient dans sa main, sous son gilet ), qu'il a piqué à Edgar Morin. Et dans deux ou trois ans, cette crise ne sera plus qu’un mauvais souvenir : après quelques G20 ou G477 annoncés comme « historiques » mais dont on ne verra aucun effet, on entendra parler de milliards en sommeil miraculeusement trouvés dans les centaines de caisses vides du globe qui relanceront tout ça comme par magie. Car il n’y a que la magie de l’argent qui soit vraie, c’est bien connu. Pourquoi aller les déterrer pour combattre la misère, la famine, la maladie, la précarité, c'eût été peu rentable et on aurait encore plus d'assistés, ça le ferait pas trop. Donc, dans quelques mois ce sera reparti pour une bonne révolution de l’éternel retour de la misère humaine. La misère de la servitude des cerveaux face au profit à outrance. La vraie misère a changé de camp. Elle est du côté des riches. Et cette misère me ravit, elle n’a rien de triste.

Je vous souhaite donc à toutes et à tous une très bonne crise 2009