PortraitOfJennie1948_lWilliam DIETERLE - 1948

Pas loin du chef d'oeuvre. Un film sur l'Art, l'Amour, le rêve, qui commence dans New York en hiver, dans un superbe N&B. Dans un parc enneigé, le héros, un peintre paumé, fait la connaissance de Jennie, une jeune fille mystérieuse, qu'il recroisera par la suite, et dont il tombera amoureux. Ici le temps est aboli et réunis les deux amants au lieu de les séparer. Ils pourront vivre quelques instants l'intensité de leur amour, au-delà du monde et de ses énigmes, de sa réalité. La jeune femme, magnifique et triste à la fois, devient alors son plus beau sujet, la femme "modèle". L'artiste, découvrant enfin l'amour, trouve aussi sa voie.
Il y a quelque chose de "Dorian Gray" dans cette histoire, de "Peter Ibbetson" aussi, et dieu sait que j'adore ce film. En parlant de dieu, le seul bémol ici, c'est la place laissée à la religion et à la foi. Cela m'a un peu gâché la deuxième partie. La fin aussi m'a un peu déçu. Peut-être aurait-il fallu une fin qui n'en soit pas une, mais là c'est un peu malvenu pour qui n'a pas la foi, et le mystère est anéanti d'une manière un peu facile. Mais Jennifer Jones et Joseph Coten sont remarquables, amoureux absolus, et leur bonheur malheureux me rappelle le mien et mes fantasmes ( mon scénar de BD par exemple ), Jennie aussi me rappelle un doux prénom familier, et l'actrice ressemblait étrangement à Alice, la dernière fille qui a bien voulu m'approcher.
Bref, j'étais quasiment au pays des merveilles devant ce film fabuleux, où la musique empruntant à Debussy ses plus beaux thèmes ( La Mer, Nuages ) apporte encore plus de rêve et d'impressionnisme onirique, de flou artistique...