Premier jour de pluie depuis longtemps. Il y a quelque chose de rassurant, de calme, dans une averse. J’ai toujours aimé la pluie. Je suis comme attiré par cette atmosphère, ces rues désertes et ruisselantes, où se joue une symphonie de sonorités et de couleurs nocturnes. Je me sens dans mon élément, lorsque tous rentrent se réfugier chez eux, et que la ville m'appartient, au coeur de la nuit. D'habitude, j'en profite pour sortir faire un tour, pour me purifier en quelque sorte. Mais ce soir, je goûte cette pluie à l’abri, depuis la fenêtre de ma chambre. Cette première pluie depuis des semaines me semble encore incomplète. Je pense à plusieurs choses. A toi. Je voudrais être avec toi. Que tu soies à mes côtés. J’écris un poème.

Vague à larmes
Pluie, je te vois à l’intérieur de moi
Pluie, tu n’en finis pas de pleuvoir
Tu plonges mes mains dans le sable des larmes
Elles en sortent noircies par le sang de mon cœur
Les gouttes tombent une à une
Et se jettent sur moi, sur la dune
Immense néant dans le silence
Qui s’ouvre sur la ville à la dérive
Les rues sont vides, il n’y a que le vent
Et le temps qui passe, loin de moi
Pluie, je ne marcherai plus seul, sans toi