PS

Bon, il me prend l’envie soudaine de parler du PS

J’étais, il y a quelques années, un fervent défenseur de la politique de Rocard, puis de Jospin – lequel a selon moi parfaitement géré la cohabitation pendant cinq années. Puis, après la défaite de 2002, que je n’ai pas comprise, j’ai commencé à me poser des questions sur le devenir de ce parti. La rupture avec mon petit bulletin de vote s’est faite lors du référendum sur le TCE en 2005. A cette époque, j’imaginais que le PS allait péricliter, avec d’un côté les Mélenchon-Emmanuelli, et de l’autre les sociaux-démocrates. Mais il n'en a rien été. Tout pouvait continuer comme si de rien n'était. C’est à partir de ce moment que je me suis rangé du côté de François Bayrou et sa vision politique que je trouve toujours aussi droite ( ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ), sensée et sincère. Si certains veulent en parler, je suis disponible.

Malgré tout, fidèle à mes anciennes amours, j’ai toujours gardé un œil sur les aventures internes et médiatiques, insondables et douloureuses de ce parti, où coexistent différents courants de pensée et différentes opinions politiques assez difficilement conciliables. Douloureuses, parce que c'est triste de voir un tel potentiel gâché par toutes ces batailles égotiques et dévastatrices. J’ai soutenu la candidature de DSK aux primaires en 2006, mais il est advenu ce que tout le monde sait, et nous en sommes encore là aujourd’hui. Absolument convaincu qu'il présentait la meilleure offre politique, j’ai voté Bayrou - ce que je referai probablement sans aucune hésitation en 2012 -, le PS présentant une alternative bien peu alléchante, beaucoup trop bricolée pour me convaincre. J’ai même failli revoter Bayrou au second tour, mais comme mon cœur est à gauche, j’ai eu un moment de faiblesse, et puis je n'aime pas trop faire des choses qui ne servent à rien. Je crois que si elle avait été élue, j’aurais sauté de joie, malgré sa campagne désastreuse et ses contradictions, ses maladresses et ses positions douteuses. Dans l'entre-deux tours, j’estime que Bayrou aurait dû faire alliance avec la dame pour contrer notre actuel président, ou au moins être plus clair quant à son choix ( qui l’était pourtant totalement ) mais bon, je respecte le souci d’indépendance qui l’anime.

J‘aurais aussi souhaité que la présidence du PS soit décidée à ce moment, les choses auraient été plus claires. Mais non. Ce parti est en totale décrépitude, il ne regarde que lui et ses têtes d’affiche s’observent et se disputent la place comme des enfants. Certains ont pu ensuite voir que je souhaitais voir Pierre Moscovici devenir le premier secrétaire – et encore hier je regrettais qu’il n’acceptât pas la proposition de la royale candidate pour faire une alliance avec le centre du parti, mais encore une fois il préférait ne pas trahir son ralliement à la motion Delanoë, alors que deux mois plus tôt tout le monde l’abandonnait. Bref, aujourd’hui le PS ne représente plus qu’un parti de façade, qui ne propose plus rien – si ce n’est des congrès et des anecdotes ridicules. Ce n’est même plus le premier parti d’opposition à la politique gouvernementale, Benoît Hamon ( celui qui parle avec ses bras ) le reconnaît lui-même.

Alors j’observe, assez fasciné d’ailleurs, l’évolution de cette élection bien déterminante et pourtant si vide de sens, de réponses politiques. Il n’y a guère plus de crédit à donner à ce parti à la dérive, dans lequel il y a pourtant quantitativement ce qu’on a fait de mieux en politique depuis plus de vingt ans. Il ne me reste plus qu’à m’amuser d’entendre les échos ici ou là, les petites phrases, et je crois que le candidat élu, enfin, la candidate élue ( puisque ce sera soit la brune soit la brune, et fort probablement celle de Lille ) me laissera totalement indifférent. Cela dit, de manière assez paradoxale, j’espère que se sera la dame des sondages, car elle au moins a compris ( enfin, elle au moins l’assume, l’autre, niveau langue de bois, on en saura plus dans quelques temps ) qu’il fallait s’entendre avec le MoDem pour œuvrer intelligemment, s’adresser aux voix qui se sont tues par leur propre faute et sont allées voir du côté de la démocratie du centre.

Car pour espérer gagner en 2012, il faudra, qu’on le veuille ou non, que la gauche s’additionne au centre – surtout lorsque le NPA prendra de l’ampleur -, c’est simple comme bonjour. Encore quatre ans pour que les retardataires le comprennent et en tirent des conséquences. Ca fera peut-être un peu mal un moment, mais beaucoup moins que de se retaper cinq ans de nabotléon. Je vous le garantis.