Marlen appelle en fin de matinée. Je la rejoins à son appart. On va au Lavomatic, rue d’Amiens. On va prendre un pot au « Son du Cor », rue Eau de Robec, puis au bar en face en attendant. C’est là qu’elle me dit qu’elle voudrait que je vienne la voir chez son oncle, cet été, en Irlande. Elle me propose de payer mon billet. Je ne sais pas trop comment le prendre. C’est la première fois qu’elle me parle de l’après. Moi-même je n’y pensais pas. Et là, elle a déjà une pensée me concernant, dans son avenir. Aller la voir, dans sa famille. Mais est-ce une réelle envie, un désir enfin formulé que je fasse davantage partie de sa vie, plutôt qu’être un compagnon de nuit, - ou bien est-ce tout simplement une proposition de circonstance, qu’elle ne réitèrera pas et qu’elle n’imagine aucunement réalisable ? Honnêtement, je n’en ai aucune idée. Je crois qu’elle aime bien l’idée que je tiens à elle et qu’il lui suffirait de le désirer pour que cela advienne. Bien sûr ça me ferait plaisir, mais je ne sais même pas qui j’irais voir : la camarade de classe, la serveuse avec laquelle j’entretiens une relation amicale et tendre, ou une jeune fille secrètement amoureuse de moi ? Je ne parviens pas à saisir pourquoi elle montre parfois un grand intérêt pour moi, suivi immédiatement de la plus grande indifférence.
Le soir, elle vient dîner à la maison. Je suis content de passer des journées comme ça avec elle, de partager ces derniers moments avec elle, de me sentir un peu important pour elle au point qu’elle veuille me sentir près d’elle avant de partir. On ira probablement à Cabourg ce week-end, chez une amie à elle. Je crois qu’elle se sent bien avec moi, aussi parce que je ne cherche pas à la séduire. Puis, elle doit passer chez une amie, mais j’ai l’impression que c’est à contre cœur, qu’elle préfèrerait venir avec nous jouer au tarot avec Lise. Elle appelle finalement vers 2h chez Fabien et nous y rejoint. Je la prends en photo, sur son fauteuil, emmitouflée sous une couverture. Journée Marlen…