arrestation_de_bushLe colonel Morris Davis, ancien procureur général des tribunaux militaires d'exception de Guantanamo, a révélé que les procès des terroristes présumés du camp avaient été sapés par des pressions politiques et l'utilisation de témoignages obtenus sous la torture, rapporte le Washington Post mardi. Le colonel Morris, qui avait démissionné en octobre dernier, a témoigné lundi dans le procès de Salim Hamdan, l'ex-chauffeur d'Oussama Ben Laden. Selon le journal, Davis a déclaré que des responsables de l'administration Bush avaient insisté pour que les procès de détenus les plus connus se déroulent rapidement pour des raisons politiques.
Le sous-secrétaire américain à la Défense Gordon England et d'autres responsables du Pentagone avaient notamment assuré que l'inculpation de détenus connus avant l'élection présidentielle américaine cette année pourrait "avoir une valeur stratégique", a indiqué Davis, cité par le Post. L'ancien procureur a également accusé le général Thomas Hartmann, conseiller juridique auprès du responsable militaire chargé des tribunaux, d'avoir accepté comme preuves des témoignages obtenus grâce la simulation de noyade, assimilée à la torture. "Le fait de permettre ou conseiller à un procureur de venir dans une cour de justice et de présenter des preuves obtenues sous la torture place le procureur devant un dilemme éthique", a dénoncé Davis dans son témoignage. Il a ajouté que le général Hartmann lui avait rétorqué: "tout est bon à prendre, laissons le juge se débrouiller".
Entre 2005 et 2007, le colonel Davis était chargé de coordonner les enquêtes et les poursuites contre les terroristes présumés détenus sur la base navale américaine de Guantanamo à Cuba, et notamment contre M. Hamdan. Fervent partisan du système des tribunaux d'exception de Guantanamo, cet officier de l'armée de l'air a cependant quitté son poste en octobre, quand une directive ministérielle a placé le chef des services juridiques du Pentagone, William Haines, au-dessus de lui dans la chaîne de commandement
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