sacsarkoIl y a un mot qui me vient à l'esprit quand je m'attarde un peu sur les déboires de notre gouvernement en place : cohésion. Il n'était pas ministre de la Cohésion sociale Borloo avant ? Si, bon, j'ai rien dit. En fait, la cohésion, c'est bien sympa comme principe, mais là, on en est très très loin, c'est plutôt panique à tous les étages. Une bonne grosse sarkophonie bien désorganisée. Un jour tel ministre fait telle déclaration ( dernier exemple en date, la carte SNCF pour les familles nombreuses - même Copé a déploré à ce sujet "un grand cafouillage au sein du gouvernement", ça ne s'invente pas ), contredite dès le lendemain par le patron, puis réexpliquée bien sagement le surlendemain, après concertation. Autre exemple qui va vous parler : le parachutage de Martinon, le petit prodige de Cécilia, à Neuilly. Mais comme il a osé critiquer le sieur Balkany, grand ami de notre nabotléon, on lui barre la route bien comme il faut, et on l'envoie "discrètement" rejoindre sa marraine chez nos amis états-uniens... Bref, on sent bien qu'il n'y a aucune communication là-dedans, que c'est le bordel intégral, avec ses petites gueguerres permanentes et ses coups bas, pendant que des réformes maladroites s'appliquent bien tranquillement à faire perdurer la méforme du pays. Voire à l'aggraver. Mais cela n'a rien de bien étonnant...

Ce qu'il y a de bien avec ce gouvernement "d'ouverture", c'est qu'il a permis à certaines de l'ouvrir haut et fort, démontrant à tous que le régime est bancal et rongé de l'intérieur. Comme Fadela Amara, lors de l'amendement des tests ADN, qualifiant de "dégueulasse" l'instrumentalisation de l'immigration par les députés de la majorité, ou lorsqu'elle dit qu'elle ne votera pas Sarkozy en 2012. Comme Rama Yade lorsqu'elle se rend à Aubervilliers pour aider les expulsés ivoiriens, ou lorsqu'elle s'offusque de la venue de Khadafi à Paris ( "Notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits" ). Bien sûr, notre bon Fillon s'est empressé de leur tirer les oreilles, et nous avons même eu droit récemment aux plates ( dans tous les sens du terme ) excuses de NKM. Mais lorsqu'on tend vers moins d'humanisme et moins de social, n'est-il pas envisageable que des reproches puissent aussi venir du gouvernement chargé de remodeler notre "politique de civilisation", sur le beau modèle saoudien ? ( notamment des femmes, mais un petit topo sur la sinistre Rachida viendra ternir le tableau dans quelques jours, je vous rassure )

Il y a néanmoins une idée qui surnage au-delà de ce brouhaha et que nous constatons tous jour après jour : c'est l'idée qu'on va dépouiller et rabaisser plus encore les pauvres, les malades, les handicapés, les chômeurs, les immigrés, les myopes ( c'est vrai, les pauvres n'ont qu'à avoir de bons yeux ), bref, qu'on va donner aux plus démunis le pouvoir d'en chier encore plus. La paupérisation comme politique de civilisation, comme dans les plus belles démocraties du monde. Là-dessus, je trouve que ce gouvernement est de plus en plus aguerri, très rôdé même. J'ai hâte de connaître les prochaines réformes...