Nymphes_et_satyre2

A Arthur Rimbaud

J'avais soif d'amour. Je buvais
La lumière nue de la lune

Et m'enfonçais dans la futaie

Exalté - la lèvre brune -
J'embrassais l'humide rosée
M'enivrais de mousse, de fleurs
Et de frissons cristallisés

Mon rire, soudain plein d'ardeur,
Volait en éclat, effleurait
Les souffles ruisselants des cimes
Les chants lointains qui s'échappaient
Et caressait des sons intimes

Une voix limpide et glacée
Flottait sur les nénuphars blancs.
Mordant l'amour d'un vif baiser
Je plongeais sur ses cris stridents
Dont l'ombre affolée m'entraînait
Dans une splendide ronde

Pendant que la nuit déversait
Son vin sur la terre féconde
Et sur mon corps ensanglanté,
L'ardent vertige me frappa
La tête sur le sol brûlé

Je dérapais ainsi jusqu'à
La mer immense et m'allongeais
Sur son vaste seuil cendreux
Pour écouter croître la paix

- L'onde sombre et l'écume en feu
Laveront mon corps, mon âme
Et, bercé, je m'endormirai

Mais avant que mes froides larmes
Soient noyées au creux du Léthé

J'imagine une néréïde...

9-11 Novembre 1991

Je vais coller tous mes poèmes, dans l'ordre chronologique, au fur et à mesure.
Les poèmes intéressants ( selon moi ) arriveront donc beaucoup plus tard.

Là, j'avais seize ans, je ne pouvais pas échapper à la lourdeur des débuts.