FranquinInoiresUne expertise génétique pourrait innocenter Marc Machin, condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle et emprisonné depuis plus de six ans pour l'assassinat d'une mère de deux enfants âgée de 45 ans, Marie-Agnès Bedot, le 1er décembre 2001 à Neuilly, a annoncé le procureur de Nanterre, Philippe Courroye.
Ce dernier a annoncé que des traces ADN de l'homme prénommé David, qui s'est accusé dernièrement de deux meurtres de femmes au pont de Neuilly, en décembre 2001 et en mai 2002, avaient été retrouvées sur les vêtements de la première victime. Philippe Courroye a expliqué que les analyses menées ces derniers jours n'ont été rendues possibles que grâce à
"de nouvelles méthodes scientifiques". Ces examens ont permis de retrouver "sur le côté du K-Way et sur la base du pantalon" de la première victime "des traces d'ADN masculin d'un genre identique de celui de la personne venue se livrer le 4 mars".
Philippe Courroye a ajouté qu'il ouvrirait jeudi une information judiciaire pour
"assassinat, viol et vol" pour le meurtre de 2001 à l'encontre du nouveau suspect, un sans-abri d'une trentaine d'années qui s'était livré à la police dans la nuit du 3 au 4 mars. L'homme, qui venait de sortir de prison, a déjà été mis en examen et incarcéré au lendemain de ses aveux dans le cadre de la première information judiciaire ouverte pour l'homicide de 2002. Il a déjà été condamné à sept reprises dans le passé, notamment à perpétuité pour double meurtre en 1989, acquitté et libéré en 2002.
Ces nouveaux éléments viennent renforcer l'hypothèse selon laquelle Marc Machin pourrait avoir été condamné à tort, sur le fondement d'un témoignage qui semblait attester de sa présence sur les lieux du crime, et en raison de similitude entre son blouson et celui que portait l'auteur du crime, selon d'autres dépositions. M. Courroye a aussi annoncé qu'il transmettrait les nouveaux
"éléments au parquet général" afin que celui-ci décide ou non de saisir le ministère de la justice en vue d'une révision du procès de Marc Machin, âgé de 19 ans à l'époque des faits et emprisonné depuis le 15 décembre 2001. Celui-ci avait été condamné en 2004 par la cour d'assises des Hauts-de-Seine à dix-huit ans de réclusion criminelle, peine confirmée l'année suivante par la cour d'appel de Versailles. S'il avait fait des aveux lors d'une garde à vue, il s'était rétracté et avait clamé son innocence au cours des deux procès.
La procédure de révision d'une condamnation définitive, soumise à l'apparition d'un fait nouveau inconnu au jour du procès susceptible de jeter un doute sur la culpabilité du condamné, est lourde et peut prendre plusieurs années. La révision d'une condamnation criminelle définitive ne s'est produit que six fois dans l'histoire du pays, la dernière au bénéfice de Patrick Dils.
Si l'erreur judiciaire se confirmait, elle relancerait un vieux débat sur la procédure criminelle française.

Faut dire qu'avec un nom pareil, c'était un coupable idéal...
Ca devait être sympa comme procès " monsieur Machin, veuillez vous lever"
Quand je pense à tous ceux qui auraient pu être innocentés grâce aux tests ADN, ça m'énerve.
Christian Ranucci par exemple...
Et des vrais coupables qui auraient pu être arrêtés.
Heureusement que certains ont la nostalgie de la douche et vont se livrer par eux-mêmes.
( Faudra juste m'expliquer comment ce fameux David peut être libéré de prison en 2002 et tuer une femme en 2001 )
Ils ont quand même réussi à coller 18 ans à un pauvre mec à cause de son blouson, alors que sa signature génétique n'était même pas celle du meurtrier retrouvée sur les vêtements de la victime... on croit rêver.
Le nombre de pauvres mecs qui croupissent en ce moment-même dans une cellule, et qui n'ont rien fait, ça me désespère.
Et encore, on n'est pas en Chine ou à Guantanamo...