Le vice-président américain Dick Cheney, qui effectue à Bagdad une visite inopinée à quelques jours du cinquième anniversaire de l'invasion de l'Irak, a estimé que l'intervention américano-britannique de 2003 avait été "couronnée de succès". Cheney, qui a entamé une tournée de neuf jours au Moyen-Orient, n'avait pas inscrit officiellement l'escale de Bagdad au programme de ce déplacement qui le mènera également en Arabie saoudite, à Jérusalem, dans les territoires palestiniens, en Turquie et au sultanat d'Oman.
"Lorsqu'on se penche sur ces cinq dernières années, on observe que cela a été une entreprise difficile, périlleuse, mais néanmoins couronnée de succès", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une série d'entrevues avec les dirigeants irakiens. Peu après, un attentat suicide commis par une femme a fait 40 morts et 71 blessés à Kerbala, ville sainte chiite au sud de la capitale. D'autres attentats ont fait quatre morts et 13 blessés à Bagdad. Dans un quartier nord de la capitale, un tir de mortier a tué six enfants ensevelis sous les décombres de leur maison, a annoncé l'état-major irakien.
John McCain, candidat républicain à l'élection présidentielle du 4 novembre, se trouve également en Irak dans le cadre d'une mission de la commission des forces armées du Sénat américain. Les deux hommes, qui ne devraient pas se croiser, étaient des partisans convaincus de l'envoi de renforts, il y a un an, dont l'administration Bush assure qu'il a permis d'épargner une guerre civile entre sunnites et chiites. "Il est particulièrement important de pouvoir revenir cette semaine afin de marquer le cinquième anniversaire du commencement de la campagne qui a libéré le peuple d'Irak de la tyrannie de Saddam Hussein", a déclaré Cheney après un entretien avec le Premier ministre irakien Nouri al Maliki.

bush_baby_helpmeAlors que Cheney ( après Condoleezza Rice ) fait un petit voyage pour rendre visite à ses alliés du Moyen-Orient, et que ce conflit ( ce n'est plus une guerre, G.W. Bush l'a déclaré le 30 Mai 2003 ) va entamer sa cinquième année ( dans trois jours ), on peut dénombrer plus de 3927 morts dans les rangs de l'armée états-unienne, pour la plupart âgés de 19 et 20 ans, plus de 17000 blessés, de nombreux morts aussi parmi les civils états-uniens, et bien évidemment un nombre considérable de soldats et de civils irakiens tués - environ 600 000 - soit plus de 10 000 par mois durant les trois premières années, puis plus de 15000 par mois depuis que le "président" Bush a exigé un renforcement des opérations. Pour faire simple : 300 irakiens par jour, dimanche compris.

Quelques définitions :
Le terrorisme désigne les actions violentes ( attentats, assassinats, enlèvements, sabotages...) menées contre la population, de telle sorte que leur retentissement psychologique – terreur et peur – dépasse largement le cercle des victimes directes pour frapper l'opinion publique concernée ( cf. les vidéos de Chomsky ci-dessous )

Le terrorisme d'État consiste en l'exercice illégitime par l'État de son monopole de la violence à partir du moment où cette violence est d'une part en contradiction avec le contrat décrit par Thomas Hobbes selon lequel l'individu accepte d'abdiquer une partie de sa liberté en échange de la protection de l'État et qu'elle ne vise pas au maintien, menacé, de l'État mais à un accroissement de ses prérogatives. Le terrorisme d'État est donc un enjeu taxinomique puisqu'il met en cause non seulement l'image protectrice de l'État mais aussi la nature des rapports que l'État entretient avec la violence.

Alors oui, on peut avouer avec monsieur Cheney que le terrorisme d'état en Irak est "couronné de succès". Je ne doute d'ailleurs pas ( comme ils nous l'ont montré durant les cinquante dernières années ) qu'on assiste à d'autres succès dans un proche avenir...