Lueurs_nocturnes











- Minuit...
Mes larmes me poussent malgré moi vers la rivière
Qui coule encore au fond de mes souvenirs

Je largue les amarres et me laisse emporter
Par les vagues d'étoiles qui filent leur toile
Dans l'eau du firmament

Un papillon tourbillonne autour de moi au gré du vent
Je lui vole les couleurs arc-en-ciel que le crépuscule
Fait chanter sur ses ailes

Sur le pays, la nuit, comme pourvue d'un linceul gris,
Enveloppe les derniers feux du jour et emmène l'esprit
Dans des limbes d'oubli

L'île de ma lointaine enfance n'est plus qu'une ruine
Où les arbres morts, tels les croix d'un cimetière noyé
M'empêchent d'accoster

Le papillon s'engourdit doucement dans les cieux
Guidé par le chant envoûtant d'une lyre au loin

Et ma barque s'éloigne de la rive, alors que sur les eaux
Coule la nuit d'or, et cette lune qu'il me faut suivre

Mai 1991

Je vais coller tous mes poèmes, dans l'ordre chronologique, au fur et à mesure.
Les poèmes intéressants ( selon moi ) arriveront donc beaucoup plus tard.
Là, j'avais seize ans, je ne pouvais pas échapper à la lourdeur des débuts.