Selon Bernard Pivot, «carabistouille» est l'un des cent mots à sauver de la langue française. L'érudit animateur le fait figurer en bonne place dans son dernier ouvrage et l'accompagne de ce commentaire on ne peut plus juste: «Ah! Quel mot comique et truculent, original et farceur !» Avec ses sonorités trépidantes, son attaque énergique en «cara» et cette amusante terminaison en «ouille», le mot a en effet de la vigueur à revendre.

Venues de Belgique, les carabistouilles – le mot est souvent utilisé au pluriel – désignent des fadaises, des propos anodins voire faux, des balivernes sans grande conséquence. On imagine sans peine les badauds bavards ou les commères commérantes, tous véhiculant leur lot quotidien de carabistouilles, des histoires sans queue ni tête, échangées pour le seul plaisir de causer un peu. Le fond commun du langage et de la vie sociale, comme parler du mauvais temps qui viendra forcément bientôt, ma bonne dame. Par ailleurs, certains écrivains ont détourné le terme, le transformant en une exclamation assez comparable à «saperlipopette !» «Carabistouille ! Cette histoire ne vaut pas tripette !», s'exclamerait ainsi un esprit éclairé et alerte.

( Source : http://janjac.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/05/25/saveurs-du-francais-carabistouille.html )